Jour 1 – 23.05.2009
Apres quelques kilometres sur une piste defoncee mais tres agreable, ou l’on observe les chevaux en liberte gambadant dans les collines, nous arrivons au poste frontiere le plus a l’est, perdu au fin fond d’une vallee, et tant mieux ! Personne en vue, trop chouette ! Alors qu’on apprehende un peu l’eventuel fort probable racket des douaniers, ce coup ci le passage de frontiere se fait assez rapidement et sans encombre. Cote kazakh, pas de souci, cote kirghize, le douanier est grade, il se sent oblige de faire un peu de zele (ca doit s’apprendre a l’ecole internationale des douaniers …). Pour moi, francais, ok. Pour Leon, il ne sait pas lire la page de garde du passeport, dans la phrase “… Great Britain and Northern Ireland …”, il ne voit que “Northern Ireland” et lui demande aussitot s’il est un terroriste. Parfois, la betise humaine fait vraiment peur tellement elle peut atteindre un niveau eleve. Enfin, il doit batailler 20 bonnes minutes pour lui faire comprendre qu’il est anglais. Avant de partir, le douanier insiste pour avoir un cadeau, il se prend un peu pour Dieu faut dire. Leon lui file une carte postale de Londres, il est tout content …
Nous voila enfin en terre kirghize ! Petit gouter en bord de prairie, on observe les chevaux. Certains ont les 2 pattes avant liees, ils courent pattes jointes, comme pour une course en sac, c’est surprenant. Ils peuvent faire plusieurs centaines de metres comme ca !
Apres midi sympa, cette region du kirghiztan est restee tres sauvage, faune et flore sont riches et variees, peu de personnes vivent ici. En chemin, on croise les allumes de Beverly Hills (petit clin d’oeil a Yannick
), qui demenage leur caravane en forme de wagon de train sur roues. Convoi original !
En fin d’apres midi, premier checkpoint policier, on va entrer dans la reserve naturelle d’Issy Kul. On papote amicalement avec les policiers qui nous demande finalement de payer 500 som (10 euro) de droit d’entree. Quand meme intrigues, nous demandons un papier officiel avec les prix affiches. Un des policiers nous montre un papier en cyrillique, avec quelques montants ecrits (100, 250 et 500 som, monnaie kirghize). Nous faisons semblant de ne pas avoir de liquide sur nous et de vouloir appeler quelques part pour avoir la confirmation de ce droit d’entree. Puis je fais mine de comprendre un peu le cyrillique et montre le 100 som (2 euro). Un des policiers me dit que 100 c’est pour les velos et 500 pour les voitures. Alors pourquoi nous demander de payer 500 ? Genes qu’on est decouvert leur supercherie, les policiers nous raccompagnent dehors, levent la barriere et nous souhaitent bon voyage, tout sourire. Bien evidemment, il n’y a aucun droit de passage sur cette route. Bande de salopards cupides !
Content de ne pas s’etre fait avoir, on reprend la route pour trouver un bel endroit pour camper, juste en bord de riviere, ideal pour se laver. J’ai bien peur que beaucoup de policiers soient corrompus jusqu’a la moelle dans ces pays d’Asie Centrale …
Jour 2 – 24.05.2009
On reprend la piste defoncee en direction du lac Issy Kul, apres avoir bien traine a papoter et boire le cafe devant la tente. Bonne allure, on croise pas mal de troupeaux de vaches ou moutons, accompagnes par des cavaliers kirghize plutot accueillants.
Apres une vingtaine de km, on arrive a Chong Tash, premier hameau depuis notre entree au Kirghiztan. On demande a 3 bonhommes s il y a un cafe pour manger. Rapidement, quelques personnes s’approchent pour voir qui sont ces etrangers etranges qui voyagent a velo. Un des gars veut nous montrer le cafe et venir boire un verre de vodka avec ses amis pendant qu on mange. On avance doucement, pas mal de gamins arrivent en courant, tous excites, et viennent nous serrer la main. C’est trop rigolo ! Un des plus petit essai de me rattraper en courant, c’est trop mignon de voir ses petites jambes bouger a un rythme effrene pour essayer de suivre le rythme du velo. Ils rigolent, ca fait plaisir a voir, depuis l entree en Asie Centrale, je trouve les gens, certes accueillants, mais peu souriants, ambiance etrange. Depuis le tout debut de l’aventure, les enfants et les femmes auront ete les personnes les plus agreables et joyeuses que j ai rencontre.
Devant le magasin, on rencontre un jeune homme qui parle un peu anglais et francais mais notre discution est vite interrompue par le leader des 3 gars. J’apprecie pas trop son comportement presse, je vois bien qu’il veut son verre de vodka et rien d’autre. En partant, le jeune gars nous lance un “attention”, puis une vieille dame vient nous dire que l’on peut acheter du pain juste a cote. Je comprends que le leader du groupe est en fait un sale type du village, et qu’il faut s’en mefier. Il se fout en rogne aupres de la vieille femme et j’aime vraiment pas ca alors je lui dit de rester cool et je vais acheter du pain et du chocolat dans le magasin d’a cote. il n’apprecie pas mais je m’en fous. Alors que je m’apprete a partir, il demande a Leon 100 tengue (50 centimes d’euro) pour s’acheter une bouteille de vodka avec ses amis (ici la vodka est moins chere que le coca mais elle fait plus de degats …). Leon donne ce qui lui reste, soit 80 tengue, puis le leader vient me demander le reste. Hors de question que je te donne le moindre tengue mon gars ! Encore plus en rogne apres moi, il serre la main de Leon puis me fait signe que je suis un sale type. He oui, c’est la vie !
On reprend la route pour manger notre pain plus loin. Pas mal de “salam” et quelques bras d’honneur le long du chemin, contraste etonnant … On rejoint le goudron puis une petite bourgade ou l’on peut manger dans un cafe alors qu’il est ferme. Encore un bon accueil des kirghizes.
On debarque a Karakol vers 16h et on s’installe dans une guesthouse que Leon connait, accueilli par Serguei, un vieux russe vraiment sympa avec les yeux qui petillent (pas la simple sympathie du commercant), et Valentine, un pseudo guide aimant l’argent qui a construit quelques bains chauds naturel en montagne. On papote un peu autour de quelques photos.
On reste un jour a Karacol, le ciel ayant decide aujourd’hui de nous accorder un peu de repos.
Jour 4 – 26.05.2009
Petit dej bien copieux prepare par le gentil Sergei puis on decolle sur la route du lac Issy Kul. Route pas si dangereuse que ca contrairement a ce que j’avais lu, et vraiment sympa. Il fait grand beau, on arrive assez vite tout pres du lac Issy Kul, le paradis. Un beau lac d’un bleu intense, avec en fond, une tres longue chaine de montagne enneigee. On s’arrete tout le temps pour faire des photos !
Pas mal de gens sympas qui nous font coucou, surtout les enfants toujours surexcites. Encore un autre gars, un ado, qui nous fait un doigt d’honneur mais qui se barre en courant quand on freine et qu’on fait demi tour. Quel courage ! Un autre nous lance des cailloux mais il avait l’air desequilibre mentalement. Enfin, dans l’ensemble les gens sont accueillants.
En fin de journee, alors qu’on cherche une petite route qui devrait nous amener dans la montagne pour couper et rejoindre le lac Song Kol, nous vient l’idee de nous poser juste derriere une petite falaise, et donc au bord du lac. Bivouac de reve, un des plus beaux que j’ai eu le plaisir de faire. Ca m’a rappele un bivouac irlandais, a Rossbeigh, mais sans les dauphins
Jour 5 – 27.05.2009
Pfiou, c’est tellement superbe comme coin de bivouac, qu’on hesite a rester ici un jour a rien faire, juste a observer. Mais il n’y a pas du tout d’ombre et la journee menace d’etre bien chaude. On plie bagage avec quelques regrets puis on reprend la route, a la recherche du passage vers les montagnes … Pas facile a trouver ! On roule, on roule, sans rien trouver. Arrives trop loin, on demande mais personne pour nous indiquer le chemin plus precisemment que notre carte … Tant pis, on continue sur la route principale, tellement agreable. Pourquoi aller sur des pistes defoncees en pleine montagne ?
On longe Issy Kul toute la journee, en traversant un coin plutot aride, avec pas mal de collines sculptees type canyon. Ce melange entre aridite, bleu intense du lac, sommets enneiges et herbes verdoyantes est merveilleux. Peut etre le plus beau coin que j’ai traverse a velo ! On rencontre pas mal de jeunes, quelques uns parlent anglais, connaissent des films ou acteurs francais (gerard depardieu, jean reno, taxi, luc besson), ca me sidere que dans un village de 3 maisons, perdu dans la campagne kirghize on connaissent ca !
Meme si on pouvait arriver a la prochaine “grande” ville, au bout du lac, on a prefere s’arreter avant pour un nouveau bivouac au bord du lac. Paysages lunaires. Le sol est tout blanc, comme recouvert de neige, on arrive pas a deviner ce que c’est. Ca inquiete Leon mais je me dit que si les chevaux viennent brouter l’herbe ici, ca ne peut pas etre nocif pour nous. J’ai vraiment l’impression d’etre a la mer ici. On voit des mouettes, des coquillages par milliers, l’odeur typique de la cote vient nous chatouiller les narines, etc … Etrange ! Peut etre que ce blanc qui recouvre le sol est tout betement du sel. Dans tous les cas, c’est encore un fantastique bivouac ! Je me souviendrais longtemps de ce lac Issy Kul !
Jour 6 – 28.05.2009
En route vers Balichi, prochaine grosse ville, cote ouest du lac. Aujourd’hui comme hier, j’ai une peche d’enfer ! C’est depuis que je me suis mis a manger des amandes, ca m’avait fait la meme reaction en rando. Sur le chemin, on rencontre un berger qui vient papoter. Au milieu de la conversation il nous parle de Jacques Chirac et de Gordon Brown, on est scies !
A Balichi, c’est tellement le bordel qu’on s’arrete juste manger un morceau (goulash, lagman) sans passer sur internet. Apres manger, on demande notre chemin a un jeune pecheur qui vend ses truites fumees en bord de route. Ca m’aurait bien tente d’en prendre mais pas evident a transporter. Surement a Song Kol. Toujours est t’il qu’il nous indique une route qui me surprend, etant persuade qu’il faut revenir un peu sur nos pas pour rejoindre une bifurcation que l’on a vu dans la matinee. Leon n’est pas de cet avis donc je me fie aux indications du gars du coin. On roule 8 km, descente vent dans le dos, un vrai bonheur ! Puis on arrive pres d’un hameau qui, sur la carte, se trouve sur la route de Bishkek … Demi tour, montee vent de face, moins rigolo d’un coup … Leon s’enerve, ca lui donne un coup de boost. J’ai un peu peur qu’il aille casser la gueule au jeune pecheur mais non, il vient juste lui faire remarquer que c’est pas la bonne route. On continue de revenir en arriere jusqu’a la bifurcation du matin ou l’on continue tout droit.
Ca y est, c’est la bonne route ! Elle serpente au coeur de montagnes rouges orangees, tres agreable. Le tarmac est en bon etat, on file a toute allure, jusqu’a tomber sur un autre lac, toujours magnifique. Ca en devient difficile de trouver des mots pour decrire toutes ces belles choses.
On roule jusqu’en fin d’apres midi et on campe pres d’une riviere alors que le vent de face s’etait leve et s’est nourrit de nos dernieres forces … Pfiou, bonne journee encore ! Demain on devrait rejoindre notre havre de paix pour une journee de repos : Song Kol !
Jour 7 – 29.05.2009
Pendant qu’on decampe, quelques vaches puis des chevaux, moins temeraires, viennent brouter un peu d’herbe fraiche juste devant nous. On reste pas mal de temps a les observer puis on attaque la route jusqu’a Sary Bulak. Route tranquille mais qui grimpe, qques voitures passent trop vite mais dans l’ensemble ca va. Il fait tres chaud aujourd’hui, un temps orageux. Sary Bulak est un hameau paume, original car quelques maisons ont ete emmenagees dans les wagons d’un train. Curieux.
Qques provisions en poche, nous empruntons la piste qui mene 50 km plus loin au lac Song Kol. Quelques centaines de metres bien raide (autour de 10%) nous font craindre une longue et rude apres midi mais juste derriere, ca descend de folie et remonte gentillement, sur une piste relativement correcte, avec quelques passages de toles ondulees mais qu’on peut eviter.
Pas une seule voiture ne passe ici, le bonheur ! La campagne kirghize avec ses troupeaux, ses cavaliers hors pair, ses sublimes montagnes verdoyante et surtout ces gens tres accueillant. Alors que nous ne sommes plus qu’a 20 km du lac, plusieurs personnes nous disent que la route est bouchee, il y a plus d’un metre de neige en haut du col. Arf, on s’arrete demander confirmation dans une maison en bas du vrai debut de l’ascension. Effectivement, toutes les routes qui partent dans cette partie du Kirghiztan sont bouchees par la neige … On est invite a l’interieur de la maison, a boire du the au lait (chai molokom), manger du pain, du yaourt tout frais et bien sur, trinquer avec de la vodka. Pfiou, leurs verres sont grands … Super accueil, on reste 1h30 a tenter de papoter, a rigoler. Des qu’on finit quelques choses on nous ressert aussitot, accueilli comme des rois. Meme Morchebek, petit gamin de 5-6 ans, n’arrete pas de me donner des trucs et me mets meme du pain a la bouche en cas que je creve de faim ! Trop chou ce p’tit Morchebek ! Avant le depart, seance photos. Ils me donnent leur adresse pour que je leur envoi les photos de Bishkek.
On decide de quand meme monter jusqu’ou on peut, quitte a marcher un peu pour au moins apercevoir le lac. On devra probablement faire demi-tour apres ca, debut juin c’est trop tot pour venir dans cette region. On roule une demi heure de plus, le col monte a 10% et avec les 2 gros verres de vodka dans le cornet, c’est tres rude ! A 4 km/h, les jambes qui tremblent de fatigue, on s’arrete pour camper. Encore un bivouac de reve en pleine nature. J’aime beaucoup ce pays !
Jour 8 – 30.05.2009
Superbe nuit mais j’ai un peu la flemme d’attaquer l’ascension sachant qu’on risque d’etre bloques … Alors qu’on dejeune frugalement (pain et eau), un eleveur de chevaux vient nous saluer, conduisant son troupeau au lac pour passer de l’autre cote vers Naryn.
En avant pour une heure d’ascension a 4km/h. Pfiou, c’est dur. La terre, rendue humide par la fonte des neiges, colle aux pneus. Au bout d’une heure, premier obstacle. Des langues de neige debordent sur la route, on doit les traverser en poussant les velos et en s’enfoncant jusqu’aux genoux … Apres la seconde, je dis stop, montons a pied, au ira bien plus vite. Si on voit que la route est degagee il sera toujours temps de grimper dans l’apres midi et au pire, ca nous fera une belle rando. On laisse donc les velos contre un rocher, sans trop de crainte vu que personne ne monte ici en cette saison.
Ca faisait longtemps que je n’avais pas marche en montagne, ca fait trop de bien ! On arrive assez vite au bout de la route, elle est definitivement impraticable, elle a disparu sous la neige. On apercoit quand meme le col, pas tres loin a pied, alors on continue. On rejoint les 2 cavaliers et leurs troupeaux de vaches, moutons et chevaux. Le cavalier de ce matin, se tue a la tache, essayant tant bien que mal de faire grimper les chevaux sur un fin sentier enneige. Les premiers prennent peur et essaient de rebrousser chemin en partant dans la pente. Mauvaise idee, ils se retrouvent avec de la neige jusqu’au garot, obliges de faire d’enormes bonds pour se sortir de ce guepier. On craint que certains se blessent, ils henissent de plus en plus, ne sachant plus quoi faire pour retrouver la terre. L’eleveur court dans tous les sens pour gerer son troupeau, il ne chome pas. Il se jette dans la neige, s’enfonce pratiquement jusqu’au torse, pousse ses chevaux pour les aider. Quelle depense d’energie ! Finalement, il decide de rebrousser chemin.
Une fois que tous les chevaux ont regagnes la terre, on s’elance sur ce petit sentier. Rapidement, les chaussures sont trempees mais ca grimpe facile. Arrives au sommet, on apercoit le lac ! Trop content ! On continue quelques kilometres sur le plateau pour le voir d’un peu plus pres et faire quelques photos. La route est degagee sur le plateau mais impossible d’amener les velos jusqu’ici …
Sur le chemin du retour, on retrouve notre cavalier qui a reussi a faire passer les vaches, mais l’une d’elle s’est coincee dans la neige. Il nous demande de l’aider, Leon tire par la queue, le cavalier et moi chacun par une corne. On la traine sur 5 metres dans la neige et zou, elle se redresse et rejoint ses copines. Le cavalier est extenue, on lui file de l’eau et du pain pour qu’il recupere.
Il insiste plusieurs fois pour qu’on passe avec les velos et qu’on vienne dormir dans sa yourte au bord du lac. C’est pas loin mais vraiment trop difficile et dangereux de passer avec les velos. Il est decu, nous aussi, nos chemins se separent, nous lui souhaitons bonne chance pour faire traverser les moutons et les chevaux. Il semble confiant.
Il n’est que midi lorsqu’on rejoint les velos, on a encore le temps de pedaler un peu. Au lieu de reprendre la route et les langues de neige, on coupe a travers prairie, rivieres et rochers. Sensations garanties ! J’arrive en bas les chaussures remplies d’eau apres avoir traverse 3 rivieres, mais content d’etre passe par la, c’etait rigolo. Surtout que je me suis retrouve nez a nez avec une marmotte ! Elle a du me prendre pour un cheval, elle a reagit quand j’etais a 2m d’elle. J’ai pu rester un peu a la regarder et la prendre en photo.
Juste le temps de se secher, nettoyer un peu les pieds et on devale la route a toute vitesse jusqu’a Sary Bulak, 30 km plus loin. L’occasion de manger un peu (depuis ce matin, on se nourrit au pain et a l’eau …), ca fait trop de bien ! On se pose quelques km plus loin pour camper, bien fatigues de cette journee riche en aventure ! On reve de journee comme ca ! Mais pas tous les jours quand meme :p
Finalement, on rebrousse chemin jusqu’a Balichi pour prendre la route de Bishkek. Se fut un long detour pour voir ce fameux lac, mais ca valait le coup.
Jour 9 – 31.05.2009
Debut en fanfare, 50 km de faux plat descendant, tranquillou pour commencer la journee. On s’arrete manger au meme cafe qu’a l’aller, c’etait bon, pourquoi changer ? On rejoint le premier lac pour emprunter cette fois ci, le raccourci montagneux qui nous fait economiser 25 km. Ca ne monte pas si mechamment que ca mais il fait bien chaud, temps orageux. 10 km de montee puis 16 de descente, j’aime ce ratio !
De retour sur la route de Bishkek, il est 14h, l’heure de manger. 1h de pause dans un cafe au design moderne pour le kirghiztan puis on continue notre chemin sur un axe important, ou gros connard se font bien plaisir a rouler vite, a nous froler et a klaxonner comme des abrutis. J’aime les humains … Parfois je reve d’une cabane perdue au fin fond d’un territoire immense, un peu comme celle de Nicolas Vannier au Canada, a 10 jours de marche du premier humain, histoire d’etre un peu preserve de leur connerie sans limite. Plus les mois passent plus je me rends compte que le contact avec les autres humains, meme s’il est parfois tres interessant et appreciable, n’est pas ce qui me plait le plus dans ce voyage. Je pense pouvoir facilement passer plusieurs jours et meme semaines sans croiser personne, du moment que la Nature est riche. Quoi de plus fantastique que de rester a contempler de beaux paysages, des chevaux qui gambadent, des vaches qui cherchent de bonnes herbes, etc … C’est souvent plus enrichissant qu’une rencontre, contrairement a ce que pense l’etre humain, animal si superieur aux autres qu’il en oublie son origine. Et puis dans ce genre de voyage, d’ou vient le danger ? Qui vous rentre dedans en voiture, qui vient vous extorquer de l’argent, qui vient vous emmerder en pleine nuit dans la tente ? Faut pas chercher bien loin, comme dirait … l’Homme est un loup pour l’Homme.
Bref, ca descend toujours malgre le vent de face, donc ce n’est pas bien difficile mais penible. Apres 117 km, voila l’heure de trouver un coin pour camper. On se pose le long d’une riviere, apres avoir traverse un champ de coquelicot, bouton d’or et petites fleurs bleutees. De quoi oublier cette fin de journee enervante.
Jour 10 – 01.06.2009
Tiens donc, en me levant ce matin, j’ai l’impression que l’eau a avance d’un bon metre cinquante vers ma tente pendant la nuit, si bien que j’ai presque les pieds dans l’eau. Mon impression est confirmee par Leon qui se pose la meme question. L’etape d’aujourd’hui ne restera pas dans les annales, c’est tout droit, tout plat, sur une longue route sans interet. Ces etapes font parties du voyage. Les 2 premieres heures, on tient un bon 33 km/h de moyenne, les km defilent vite sur le compteur. Puis on a un petit coup de fatigue mais on arrive quand meme a faire les 100 premiers km en moins de 4h (3h45, nouveau record). Les 20 derniers kms sont assez epouvantables, la pluie tombe drue, le vent nous malmene dans tous les sens et les voitures, pressees de rentrer au chaud (meme si leurs passagers sont bien a l’abri …), roulent d’autant plus vite et klaxonne des qu’un maudit velo les gene. C’est vrai quoi, qu’est ce qu’ils foutent ces cons de touristes avec leur velo sous la pluie, ils nous bloquent la route !
A Bishkek, on bataille ferme pour trouver la guesthouse reperee sur le lonely planet de Stuart a Almaty. On repere bien la station de bus mais impossible de trouver la guesthouse 100m a cote d’apres le plan … On s’arrete dans un cybercafe pour trouver plus d’info, le gerant nous aide gentillement a trouver le chemin meme si Leon, enerve et trempe jusqu’au os, n’est pas vraiment aimable avec lui … En fait, la station qu’on a repere est celle des bus longues distances. Celle qu’on cherche est a l’oppose de la ville, 5 km avant, on a du y passer devant sans la voir. On revient donc a l’entree de la ville et on trouve facilement la guesthouse, perdue dans un quartier aux ruelles en terre. Elle est toute neuve, douche super chaude, trop bon ! L’une de mes meilleures douches de ma vie apres 6 jours de bivouac et 2h sous la pluie
10 jours superbes a travers le nord est du Kirghiztan, j’ai deja envie d’y revenir
Des vendredi, direction le sud du Kirghiztan pour rejoindre mi juin, la route des Pamirs au Tajikistan. Encore de belles semaines en perspective !
A Bientot ! (probablement dans au moins 1 mois et demi, Internet est une denree rare ici :p).






































Mercredi 17 juin 2009 à 13:44 |
Passionnant ce voyage, et superbe conclusion sur les autres humains!!!!!!!
Avec mes problemes a l’orphelinat, je commencais a me demandais si l’amour etait vraiment une bonne chose, vu les degats que l’amour que j’ai pu donne a pu provoque.Puis je me suis dit, bien sur l’amour est une bonne chose. Quand on a de l’amour en soi, on ne fait jamais de mal a personne…ce sont ceux qui n’ont pas d’amour qui font le mal par jalousie. Mais dans ce monde, y’a t-il de la place pour l’amour? Je me suis dit que je devrais peut etre sejourner avec des pretres boudhistes parce quavec eux je suis presque sure que ce probleme ne se poserait pas…mais tu as raison, la nature est le meilleure endroit pour donner et recevoir de l’amour..tout y est vrai. Je suis entierement d’accord avec ta conclusion. Quoiqu’ici je rencontre beaucoup de gens agreables a frequenter.