Jour 83 – 27.01.2009 – Ventiane – Phon Hong (112 km)
L’étape d’aujourd’hui est sympa et facile. Les 60 premiers kilomètres se passent à travers la campagne lao, où hommes et femmes travaillent dans les rizières.

Rizières

Dame allant au marché à vélo
J’emprunte une route alternative à la Nationale 13, qui longe une rivière pendant quelques kilomètres puis mène au barrage de Nam Ngum. L’approche du barrage est encore plus agréable avec la rivière à gauche, puis, plus loin, la route qui commence à serpenter pour passer quelques collines. Le bord du lac est l’occasion de manger, de siester puis de lire à l’ombre, en attendant que la colère du dieu soleil se dissipe.

Repos au bord du lac

Pause au bord du lac
La route continue à travers de petits villages pour m’amener à Phon Hong à un bon rythme. Je me pose à l’unique guesthouse du bled, qui n’en reste pas moins correcte. Fin de journée, repos, lecture, miam-miam, dodo. Demain, une grosse étape m’attend, il faudra tenir le coup.
A part ça, je commence à me sentir à l’aise pour parler lao. J’arrive à compter, à négocier, à demander mon chemin, à boire, à manger, c’est cool !
Jour 84 – 28.01.2009 – Phon Hong – Kasi (143 km)
Pfiou ! Je n’ai pas bien dormi, à 5h, je me réveille grogui. Hier, j’ai pu rentrer avec le vélo chargé dans la chambre, du coup, je suis vite prêt. Bizzarement, à 6h/6h30, il fait encore très sombre. Je prends donc le temps de manger une assiette de riz sauté et boire un café au resto de la guesthouse puis j’attaque la route. Toujours goudronnée, elle est plus vallonée que les autres jours. Il faut le temps que la machine chauffe et puis ça filoche. Les paysages sont agréables, toujours la campagne classique mais avec pas mal de collines boisées qui me rappellent l’Arriège. Arrivé à la pointe du lac artificiel créé par le barrage, à Ban Houay Mo (“Ban” signifie “village” en lao), je mange un bout dans un resto peu aimable et cher, puis je discute avec un américain trés intelligible qui voyage à vélo sous forme de tour organisé, avec 3 potes, un guide lao, et un véhicule assistance qui porte les bagages. Il est bien sympa et me parle de la route à venir, apparemment ça grimpe !

Vendeur de poissons séchés
Sur les coups de 11h30, je file vers Vang Vieng, ville apparemment trés touristique attirant pas mal de jeunes fêtards pour le prix désiroire de la bière et les quelques festivals. J’y arrive aussi vite que je la traverse, c’est minuscule ! Je croise effectivement quelques touristes en scooter, look de hulligan, torse nu, la peau cramée. Faut pas être dans son état normal pour faire ça :p Le cadre devient somptueux, les chaines de montagnes commencent à s’élever au loin, cacher par un fin voile de nuages. Ce sera mon terrain de jeu pour les prochains jours !

Route vers Vang Vieng
Comme il est tôt, je continue vers Phatang, à 15 km. Si j’y trouve une guesthouse j’y dormirai car c’est au pied de l’ascension vers Kasi, sinon, je tenterai d’aller directement à Kasi. La route est plate depuis Ban Houay Mo, je file à 25-30 km/h, j’ai la forme ! Je traverse le village en moins de deux, il n’y a rien du tout ! En avant pour Kasi à 40km !

Aprés Vang Vieng

Aprés Vang Vieng
J’accuse rapidement le coup, cela fait plus de 100 km que je roule. Je me pose manger un demi pot de confiture à la cuillère et boire une grande tasse d’ovaltine. Rapidement, des badauds arrivent. Jamais désagréables mais avec la fatigue, j’aime bien être seul parfois … L’un d’eux à choper un rat et compte le manger ce soir, charmant ! 2-3 km plus loin, je m’arrête à nouveau prendre quelques boissons sucrées et 2 mister freeze ! Je mange ça prés d’un pont où je rencontre un cyclotrotteur qui vient de Kasi jusqu’à Vang Vieng. Faut être barjo pour ne rouler que l’aprés midi !

Le mangeur de rats

Avant l'ascension vers Kasi

Avant l'ascension vers Kasi
J’attaque enfin la montée. En début de journée ça aurait été mais là j’ai du mal surtout qu’il commence à faire bien chaud ! Pour bien me calmer, une pente à 10% apparait au milieu de la côte … Ca ne monte pas vraiment longtemps, peut être 5km, mais ça suffit à m’épuiser. La descente qui suit est un pur bonheur ! Cela continue de descendre gentillement avec quelques bosses de temps en temps, jusqu’à Kasi. Aprés 143 km, j’y arrive enfin ! Je ne suis pas peu fier d’avoir réussi cette étape qui me paraissait difficile au départ.
Je traverse le village, et me pose à la seule guesthouse que je trouve, où l’accueil est misérable encore une fois, mais peu importe, j’ai envie de souffler. Si ce n’était que pour ce genre de gens, je quitterai le pays bien plus vite, mais les paysages commence à vraiment me plaire, donc un p’tit effort

Dans la montée de Kasi
Jour 85 – 29.01.2009 – Kasi
Ces deux dernières étapes m’ont pas mal entamé physiquement, si bien que ce matin j’ai les jambes en coton et le moral en berne. Je n’arrive pas à me lever. Je vais quand même déjeuner vers 7h mais sans grande motivation pour cette journée qui commence sous la brume mais s’annonce belle. Je ne sais pas si c’est la lassitude du comportement peu agréable de certains commerçants, la fatigue physique ou le fait d’être à nouveau seul mais je n’ai pas envie de grand chose ce matin. Je pense qu’une vraie journée de repos, à juste réfléchir à la suite me fera le plus grand bien.
Aprés le petit déj, je continue “Annapurna, premier 8000″ de Maurice Herzog. Beau livre, pas évident à mettre en image pour un non alpiniste mais incroyablement beau d’humanité et de courage. Cela me donne un bon coup de boost pour la suite du périple, les plus beaux moments d’une vie se mérite, rien n’est acquis d’avance. Je m’endors un peu pensant partir en fin de matinée vers Phou Khoun mais finalement je resterai la journée à Kasi. J’alterne lecture et sieste, cela me fait du bien !
Avant de manger, je fais le point sur l’itinéraire à suivre au Laos, puis en Thaïlande. Finalement, la grande boucle est irréalisable vu le peu de montagne que j’ai dans les jambes. Mieux vaut profiter d’y aller calmement par la nationale 13, devenue bien plus jolie et calme, progresser physiquement sans se dégouter et arriver en Thaïlande en bonne forme pour préparer le passage dans le Yunnan puis le Tibet. L’évolution de la difficulté des montagnes sera suffisamment progressive pour attaquer le Tibet dans de bonnes conditions. Désormais, l’organisation du prochain mois est posé sur papier, ma tête est libérée, je me sens d’attaque pour repartir dés demain au petit matin !
Jour 86 – 30.01.2009 – Kasi – Phou Khun (43 km)
Je ne sais pas pourquoi mais j’ai du mal à me lever ce matin, même en ayant dormi 10h ! Par contre, j’ai pris le rythme et suis réveillé à 5h sans réveil. Aujourd’hui, une belle étape m’attend, les jambes sont encore un peu fatiguées mais j’ai envie de rouler ! Je file manger le traditionnel plat de riz, cette fois ci dans le resto de la gérante de la guesthouse, le premier où j’avais mes habitudes n’étant pas encore ouvert. Bonne ambiance ce matin, le premier resto ouvre doucement, tout le monde se met progressivement au travail : allume le feu, lave les légumes, prépare les canards à faire cuire, balaie le resto, etc … tout ça dans une ambiance bon enfant, en se faisant des blagues et en rigolant. Cela me donne le sourire, ça fait plaisir à voir !

Bord de route du Laos
Je suis en revanche plutôt déçu de ce qu’on me sert dans le second resto, c’est moins copieux qu’à coté, moins bon, il n’y a ni soupe ni sourire en accompagnement. Comme je m’y attend, je paie deux fois plus cher … “Farang Price !”. Cela me démoralise … J’étais de bonne humeur, détendu, je fais confiance, je ne demande pas le prix et comme à chaque fois, ils en profitent. J’en peux plus de ça, j’en ai raz le bol ! Je pars sans merci sans aurevoir, sans rien.
Pendant une heure, j’ignore tout le monde, ne répondant à aucun “Sabaidi”, ne regarde personne. Je suis dégouté, je n’ai qu’une envie, quitter ce sale pays et même l’Asie du sud est tout entière ! Je n’ai pas envie de pédaler, je suis usé moralement alors que le physique suivrait… Des tonnes d’idées me traverse l’esprit : rentrer plus tôt pour rejoindre JC et Cyril sur l’euroroute 6, pour aller faire des randos, faire un break et voyager à plusieurs, raccourcir mon trajet au Laos pour souffler en Thaïlande, etc …
J’entame la montagne, le moral dans les chaussettes. Je m’arrête, observe les paysages qui me redonne de la force. Je ne suis pas comme ça, ignorer les enfants qui me disent si gentillement et innocemment bonjour ça n’est pas moi ! Je dois me resaisir ! Tant pis pour cette vermine de commerçants qui essai toujours de raqueter les touristes, je n’achèterai que quand le prix sera honnête, sinon je me débrouillerai moi même ! En attendant, je vais gravir ces montagnes et profiter de leur beauté !

Paysages matinaux

Pics inquiétants ... brrr !

Il n'y a pas que des déchets le long des routes

Pics inquiétants ... brrr !

Pics inquiétants ... brrr !

De prés, moins !
Les routes montagnardes sont difficiles. Il faut savoir être patient, ne pas monter en surrégime, apprendre à gérer son effort, mais la récompense est toujours à la hauteur. Quoi de plus beau que ces décors majestueux, escarpés, tantôt doux, tantôt acérés, plongés dans la brume matinale, ils deviennent mystérieux, à la fois apaisants et inquiétants. Je me demande à quelle sauce je vais être mangé mais je me sens à nouveau bien.

Abri montagnard rudimentaire
Le début est bosselé mais les 25 derniers kilomètres ne sont que de la montée ! Douce mais qui m’amène à 1400m. J’ai tendance à rouler trop vite, avec un trop gros braquet comme sur le plat, les genoux morflent, je n’ai pas encore pris le rythme montagnard ! J’ai quand même du mal, le Tibet s’éloigne dans ma tête, mais il revient de plus belle une fois l’étape finie.
Arrivé à Phou Khoun, je me délecte d’un phô copieux ! Je rencontre un groupe de français retraités qui termine le voyage jusqu’à Ventiane. Bien agréable, ils me donnent quelques infos sur la suite de la route et m’encouragent. Ca me fait le plus grand bien !
J’hésite à continuer vers Kiou Ka Cham où je devrais trouver une guesthouse mais il reste 50km de montagne. Je préfère être raisonnable et reposer les jambes ici, dans la guesthouse du resto. Cela me laisse le temps de préparer les prochains articles du blog, pour le plus grand plaisir de mes innombrables lecteurs !

Belle vue d'en haut du col

Et de la guesthouse !

Le marché aux légumes

La boucherie ...

Les vitamines pour la route !

Les vitamines pour la route !
Jour 87 – 31.01.2009 – Phou Khun – Luang Prabang (129 km)
Le jour se lève péniblement sur les montagnes. 6h30, un épais brouillard obstrue tout et rend le lieu très mystérieux. J’avale un excellent phô dont la chaleur légèrement pimentée me soulage la gorge endolorie par la fraîcheur des nuits passées. J’attèle ma fidèle monture et c’est parti pour une chevauchée que je n’oublierai pas de sitôt !
Quelques centaines de mètres de montée me mène au véritable sommet du col, à 1500m et réveille les jambes. S’en suis 7 km de descente tranquille, comme tout cycliste les aime : faible pourcentage, il suffit de se laisser glisser entre 35 et 45 km/h. Un régal dans la fraicheur du matin !

Maisons de paille au bord des routes

Lever de soleil
En avant pour la première ascension de la journée ! Le brouillard s’estompe peu à peu et révèle la beauté des montagnes. De haut dômes boisés s’élèvent dans le ciel, parsemés ça et là, d’abris rudimentaires en paille. Je traverse bon nombre de minuscules villages, aux maisons en bois, murs de bambous tressés et toit de paille. Ici, la vie semble bien plus dure que dans les plaines, cela se lit sur le visage fatigué des femmes se tuant à la tâche, tandis que les enfants sont toujours aussi souriants, joueurs et accueillants. Les femmes battent de grosses herbes à grands coups sur la route pour en détacher les graines, puis les mettent à sécher pour, plus tard, tisser de larges pans de paille pour le toit des maisons. Travail harrassant pour obtenir ne serait ce qu’un seul pan ! D’autres femmes s’occupent de ramasser les herbes dans la forêt ou d’aller couper du bois, et reviennent chargées comme des mules, transportant sur leur dos de grands paniers faisant penser à la hotte du père Noël. Même les jeunes gamins participent parfois à ces travaux. Mais où sont les hommes ?

Gamin qui porte du bois
Un nouveau col de franchi et j’attaque une superbe descente de 13 km, toujours douce. Ici les routes sont idéales pour le vélo : cela monte ou descend longtemps, sur 15-20km mais doucement. Il suffit d’être patient et d’écouter son corps pour rouler au bon rythme. Pas si simple comme exercice !

Paysage de montagne

Paysage de montagne

Paysage de montagne
Pas le temps de rêvasser sur le plaisir de la descente, un nouveau col se profile à l’horizon. Il me mène à Kiou Kha Cham, où je pensais m’arrêter hier soir mais je n’ai pas osé tenter. Je crois que j’ai bien fait ! Une montée interminable de 20 km ! Suis je redescendu aussi bas que ça ? Heureusement, à Kiou Kha Cham il y a un grand resto pour manger un phô, du riz sauté, des fruits et des cookies ! Miam ! Je discute un peu avec le patron, apparemment le plus dur est fait ! J’ai hésité à dormir ici mais il n’est que midi et j’ai de l’énergie à revendre ! Pourquoi ne pas tenter de rejoindre Luang Prabang, à 80 km, dés ce soir ?

Le repas du guerrier
Je recommence par une splendide descente de 22 km, complètement dégagée cet aprés midi, je peux voir à perte de vue ! A mi parcours, je croise un cyclotrotteur chinois, bien crevé. Quand je lui annonce qui lui reste 12 km de montée, cela lui fait un sale effet, mais quand faut y aller, faut y aller !
Je pensais arriver à Xieng Ngeung par une route gentillement bosselée mais un 3ème col apparait ! La chaleur est bien là, cela commence à être difficile. C’est dans ces moments là qu’il faut savoir gérer son effort et ne pas se brûler les ailes comme je me le répète sans cesse pendant cette ascension. L’impatience n’est pas récompensée, l’humilité face à la montagne et la régularité dans l’effort oui par contre ! Je passe le col en espérant que ce sera le dernier de la journée.

Fleurs

Fleurs

Le repas du guerrier

Paysage de montagne
C’est reparti pour une belle descente qui m’amène au bord d’une rivière, à Xieng Ngeung. L’occasion de prendre un régime de bananes et j’attaque les 25 derniers kms en priant sans cesse “pas de montée !”. Mon voeu est exhaussé … jusqu’à 15km de l’arrivée. Encore un col à franchir ! Mais tout petit celui là, sur 4-5 km. Je le monte au ralenti et m’envole à une vitesse folle vers Luang Prabang dans les 10 derniers kms de faux plat descendant. J’arrive à la guesthouse à 17h. Sacrée journée ! Je suis fier de moi, j’ai tenu mon objectif malgré l’enchainement des cols et les 129km de route.
Je rencontre un québécois bien sympa et rigolo, qui me félicite pour le voyage que je fait, ça fait toujours plaisir !
Jour 88 – 01.02.2009 – Luang Prabang
Journée tranquille, levé à 7h pour aller marcher dans Luang Prabang avant l’invasion touristique. C’est une ville trés calme, charmante, coincée entre 2 rivières dont le fameux Mékong, qu’on dirait construite pour les touristes tant les hébergements, les restaurants et les vendeurs d’aventure sont nombreux tout en restant bien immergés au coeur de cette ancienne capitale où la vie spirituelle est importante s’il on en juge par la quantité des temples bouddhistes. C’est encore une bonne occasion pour manger des frites et bon nombre de petites gourmandises bonnes pour les papilles. Je passe pas mal de temps sur Internet pour mettre à jour le blog et discuter avec les amis, ça fait toujours plaisir !

Fabrication de galettes de riz
Jour 89 – 02.02.2009 – Luang Prabang
Faux départ ce matin, j’ai la flemme … Ca tombe bien puisqu’au croisement d’une rue, j’entends “Rémy ?”. Surpris, j’observe mes interlocuteurs qui s’approche.
- T’es bien le fils de jean et kiki ?
- Euh, oui ?
- On est Babeth et Patrice !
Ca y est, je les reconnais ! Bon j’aurais été incapable de les reconnaitre de moi même et encore moins de me rappeler de leur prénom. Du coup, on va boire un coup, on mange ensemble et on papote pas mal. Ce monde est vraiment petit ! Ils insistent pour m’inviter … ça me gène toujours, c’est gentil de leur part. On devait se retrouver le soir pour monter en haut du Phou Hill voir le coucher du soleil mais je ne les ai pas vu. Pas grave.
A part ça, gourmandise, internet, et détente. J’avais pensé faire Luang Prabang – Pakbeng – Houayxay en bateau pour changer un peu mais c’est trés long (10h par jour sur 2 jours), fatiguant car on est installé au milieu des sacs de riz et pas si bien que ça apparemment.
Jour 90 – 03.02.2009 – Luang Prabang
Pfiou ! Re-flemme, re-mal à la gorge, je reste encore ici … Comme mon visa est valide jusqu’au 14 février, je ne me presse pas. Surtout que je pense croiser Bruno et Dounia aujourd’hui, et c’est chose faite à 11h. Du coup, on passe la journée ensemble.
Jour 91 – 04.02.2009 – Luang Prabang
Je devais décoller ce matin pour rejoindre Bruno et Dounia à Nong Kiaw, eux prenant le bus de 11h. J’ai mal dormi, je décide de prendre le bus avec eux. Je file à la station du bus mais le bus est plein, pas de Bruno ni de Dounia et je dois payer le double du prix avec mon vélo. Et ben le bus partira sans moi ! Mais je rencontre furtivement une jeune cyclotouriste bien mimi, très charmante ! On papote un peu, elle part vers la Thaïlande par à peu prés la même route que moi (Pakmong – Oudomxai – Pakbeng – Houayxay). Sans doute se croisera t’on à nouveau au Laos ou en Thaïlande !
Finalement, je rentre à la guesthouse pour rester un jour de plus …
Jour 92 – 05.02.2009 – Luang Prabang – Pakmong (111 km)
Enfin le départ ! Je prends mon temps pour faire les sacoches que je n’ai pas préparé la veille, comme d’hab. Je grignotte quelques tartines de fraises avec un bon café, je profite de l’eau chaude pour prendre une douche, et zou ! Il est 7h, tout est mort à Luang Prabang … C’est bien une ville pour touriste, elle commence à bouger à 8h ! Première fois que je vois ça en Asie.
Tant pis, je prends la route, repasse le pont piétonnier, la station de bus, comme hier, puis je cherche un p’tit boui boui ouvert. J’en trouve un à 7km où je mange un bon phô à un vrai prix lao et où on me fait cadeau de quelques bananes pour la route, tout ça avec le sourire ! Waouh, incroyable !
Les décors sont toujours montagneux et somptueux, le brouillard ne relâche pas facilement son étreinte aujourd’hui, du coup il fait un peu frais. Comme je longe toute la journée une rivière, la route ne monte pas beaucoup, juste une succession de bosses à travers de nombreux petits villages. Les enfants sont toujours surexcités, certains me poussent dans les côtes, un vient même me serrer la main lorsque je mange à midi, mais il se fait chasser par les filles du resto comme un animal …
J’arrive tôt à Pakmong mais je n’ai pas vraiment la force et l’envie d’aller plus loin, alors je m’arrête dans la guesthouse qui me semble la mieux. Petite sieste réparatrice, douche, thé, lecture, miam miam, dodo ! Aprés l’effort, le réconfort. Quelle belle vie que celle de cyclotrotteur !

la montagne, ça vous gagne !
Jour 93 – 06.02.2009 – Pakmong – Oudomxai (83 km)
Finalement, hier soir, en descendant manger un bout, j’ai rencontré Michèle, belle blonde australienne, souriante et naturelle, qui voyage à vélo depuis un séjour en Mongolie l’année dernière. Tout ce que j’aime ! (à part son accent ! sacrés australiens
). On papote puis on va manger un bout ensemble. Un peu plus tard, le cyclotrotteur autrichien rencontré sur la route de bon matin nous rejoint. On passe une bonne soirée à rigoler.
Ce matin, on déjeune tous les trois puis chacun prend la route. L’autrichien et moi suivons la même route jusqu’à la frontière thaï, mais pas au même rythme. Il fume comme un pompier et approche la soixantaine. S’il fini l’étape d’aujourd’hui, chapeau ! Parce que c’est du costaud !

Rizières

Rizières

Vu d un col

Ravitaillement du jour !
On est mis dans l’ambiance dés le début, ça monte de 300 à 1300m sur 30 km ! Trés agréable mais long, loooooong ! Surtout qu’à 2 reprises, la route fait mine de descendre sur quelques centaines de mètres pour remonter de plus belle ! Dur dur ! Les genoux grincent à cause de la selle trop basse, vivement que j’arrive à Chiang Mai pour résoudre ça.
La descente est aussi belle que la montée, mais plus rapide. Il faut quand même faire attention, la route est en mauvais état et laisse assez régulièrement apparaitre de beaux trous … Heureusement, je ne redescends pas jusqu’en bas, mais seulement jusqu’à 800m pour remonter à 1300m une nouvelle fois. Il commence à faire vraiment chaud alors je me pose à l’ombre manger quelques biscuits avec de la confiture et me faire un café ! L’autonomie d’avoir un réchaud est géniale ! Comme les guêpes se font de plus en plus nombreuses, je préfère continuer la route.

Paysage de montagne

Paysage de montagne

Maisons de paille haut de gamme

Belle vue d en haut d un col

Belle vue d en haut d un col

Gaffe à la descente !
Je m’attends à monter encore longtemps mais je bascule de nouveau dans une descente qui va se poursuivre jusqu’à quelques kms d’Oudomxai. Waouh ! sacrée étape encore ! J’ai les jambes un peu flagada, une pause à la guesthouse me fera le plus grand bien.
Il est 17h, je vais manger car depuis 7h ce matin, je n’ai pas avalé grand chose. Je fais un petit tour de la ville, qui me semblait agréable mais les commerçants ne le sont pas vraiment …
Jour 94 – 07.02.2009 – Oudomxai – Huayxay
Quelle nuit de merde ! Comme je le pressentais par je ne sais quel hasard, cette guesthouse est miteuse … De jeunes chinois et chinoises foutent le bordel dés 2h du mat’. Ils sont bien défoncés à je ne sais quoi mais vu leur façon de parler ils ne sont pas nets … Du coup, ce matin, je suis de mauvais poil, encore plus quand le proprio chinois me saute dessus dés les escaliers pour me demander de payer, sans sourire, sans bonjour ni rien. En plus, il fait trés froid (moins de 10°), j’ai pas envie de rouler … L’idée de prendre un bus pour m’avancer un peu me vient. Je peux même pousser jusqu’à Houayxay, vu que je devrais refaire cette route à vélo pour passer en Chine. Je vais à la gare routière avec 2h30 d’avance pour avoir des infos car le bus est censé partir à 12h uniquement le samedi (on est samedi, ça tombe bien). Bien m’en prend, j’arrive juste 20 minutes avant le départ ! Je négocie un peu et j’arrive à payer le prix affiché, vélo compris, au lieu du double. C’est le bus lao par excellence, tout à l’arrache et pèle mèle, je suis assis sur un gros sac de riz dans le couloir pendant 1h puis j’ai droit à une vraie place. Le chauffeur est super jeune, un peu fangio, surtout dans les villages où il prend un malin plaisir à raser les locaux pour leur faire peur…
Aprés 8h de route pour 300km, on arrive à 18h à la gare routière de Houayxay, à 7km de la ville, comme d’hab … Je roule donc un peu de nuit jusqu’à une guesthouse toute proche de l’embarcadère pour demain. Bon petit repas au bord de l’eau puis glandouille dans la chambre en attendant le match de rugby diffusé sur TV5 !

Direction la Thaïlande, par le ferry :p
Publié par remy 






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