Jour 104 / 17.02.2009 / Chiang Mai – Lamphun
Ce matin, je pars sans grande motivation vers le sud, pour être vers Mae Sot ce week end et faire un nouveau visa de 15 jours. La route est classique, avec toujours autant de chiens thaï très cons, qui aiment vous courir aprés en aboyant comme s’ils allaient vous bouffer … Aprés 30km, je sens déjà la fatigue, je me pose à Lamphun où, parait il, on peut voir de beaux temples. Le plus imposant a un nom imprononçable, il dispose d’un chedî d’or de plusieurs mètres de hauteur. Effectivement, c’est assez joli, mais il est en cours de restauration.
Aprés un tour à l’office de tourisme local, je trouve l’hotel le moins cher de la ville et y vais prendre une chambre. Tout neuf, trés chic, je suis impressionné par la taille de la chambre ! Il y a même Internet via une prise murale. Manque de bol, aujourd’hui ça ne marche pas, tant pis.
Je reste au frais l’aprés midi puis en soirée je vais faire un tour sur Internet en ville. J’ai reçu un mail de Bruno, il est toujours motivé pour le vélo. Demain je retournerai probablement à Chiang Mai pour lui donner plus d’infos et pour l’attendre pour faire la boucle finalement.
Jour 105 / 18.02.2009 / Lamphun – Chiang Mai
Retour à Chiang Mai en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Tant qu’à faire, je prends une chambre dans une guesthouse qui a le wifi. Dans l’aprés midi, je peux m’occuper d’envoyer des infos à Bruno, regarder ce qu’il pourrait trouver à Bangkok, etc … En gros, je passe la journée sur le net, au frais.
En soirée, je vais faire un tour à mon marché favori, prends quelques brochettes, riz gluant, fruits, etc … J’adore ! Quand je reviens, 2 allemands se sont attablés sur la terrasse devant ma chambre et commence à picoler. Ca durera toute la nuit, à boire et fumer des pétards, rire comme des cons pour rien et surtout foutre le bordel pour les gens qui dorment à côté. Je hais ce genre de gens qui ne respectent rien …
Jour 106 / 19.02.2009 / Chiang Mai
Bouh, ce matin je suis crevé, j’ai trop mal dormi … Je prépare mes affaires mais aprés le p’tit déj je le sens pas. Je reste une journée de plus, alternant sieste et Internet. J’irai quand même vendre mon bouquin de San Antonio et prendre quelques billets supplémentaire, mais c’est tout.
Le soir, traditionnel tour au marché. Ce coup ci, je mange des pad thaï directement sur place. J’adore aussi les voir cuisiner dans leurs grands woks. Ils ont des assiettes remplies de pleins de bonnes choses, qu’ils jettent à une vitesse folle dans le wok. Un régal pour les yeux et les papilles !
Ce soir pas d’allemands mais … des allemandes. Bon, c’est toujours plus sympa des voix féminines, mais en rentrant tard dans la nuit, elles se sont pas géné pour foutre le bordel elles aussi. Mais qu’est ce qu’on leur apprend chez eux ? Ils sont pas au courant que dans une guesthouse on dort ? Qu’ils foutent le bordel toute la nuit ok, mais pas ici, dehors !
Jour 107 / 20.02.2009 / Chiang Mai – Wiang Pa Pao
Toujours dur de partir et de se lever à 5h30 … Mais contraint par mon visa qui expire dans 2 jours, je me dois de me bouger ! Déjeuner pantagruellique (l’excellent Muesli-fruits-yahourt et un bon sandwich à l’omelette avec un café), je fais mes sacoches et arrive à décoller à 7h15. Quelques emplettes pour la route (eau, biscuits) et c’est parti ! Le début est chiant (chiang ?), je dois quitter Chiang Mai par la voie rapide 3×3, mais peu à peu elle devient un peu moins importante.
Ces trop nombreux jours de repos ont mis à mal mon envie de rouler et donc mes capacités. Il fait chaud dès 9h, et visant Chiang Rai, à 183km, objectif pratiquement inatteignable en une journée, je me fais mal au moral. Puis comme d’hab, le Rémy qui veut découvrir raisonne le Rémy flegmatique, qui se sent bien à Chiang Mai, qui aurait bien pris un bus pour aller jusqu’à la frontière.
Aprés 25 km, voilà le début des bosses. Petites montées qui font mal aux pattes, et descentes très courtes forment un terrain de jeu sadique. Le goudron abondant de ces grands axes rayonne de toute la chaleur accumulée et vient m’agresser … Dans une côte, déjà rendu difficile par son pourcentage et par une de ses voies barrées pour cause de remise en état, je sens l’arrière du vélo qui tangue ! Hum, j’ai du mal à voir d’où ça vient jusqu’à ce que j’apercoive la roue arrière à plat. Pied à terre, dans le goudron frais (beurk !), je traverse la voie aujourd’hui à double sens, pour me poser à l’ombre sur le bas côté. Démontage en règle, en grignotant quelques biscuits, remontage, regonflage, et pfffffouuuuu ! Seconde crevaison ! Cette fois ci, la valve à l’air d’avoir un souci … Je laisse cette chambre à air de côté et utilise la seconde. Cette fois ci et la bonne ! Entre temps, un mec de la DDE Thaï vient taper la causette pendant que ces collègues se tuent à la tâche sous le caniar. La Thaïlande à beau être assez modernisée, faut voir les moyens pour refaire les routes ! 2 types dans la benne d’un camion, à balancer du gravier avec une pelle sur le goudron tout frais.
Je continue la route jusqu’à un resto chic mais qui sera mon refuge pendant une partie des heures chaudes. J’y mange bien, je papote avec le patron qui m’apprend que le visa birman coute 40 bath. Je lui dit en rigolant : “40 bath pour un thaï, 500 bath pour un farang”. A part ça, la seule chose qu’il trouve à me dire sur le Myanmar c’est que ça vaut le coup pour faire du shopping, c’est pas cher … Soit.
J’en ai marre de poireauter, j’ai envie d’en finir avec cette succession de bosses et atteindre ce foutu col. Une fois franchi, la route devrait s’aplanir et être plus facile, même sous 34 degrés. Je repars donc à 12h30, sous un bon caniar, montant tout doucement mais vaillamment jusqu’au col, puis bascule dans une belle descente comme on les aime !
Vu l’heure, impensable d’arriver à Chiang Rai ce soir. Je me fixe comme objectif, Wiang Pa Pao, à 40km. J’aurais fait un peu plus de la moitié du chemin, et demain ce ne sera que du plat, facilement avalé dans la matinée.
Ca roule bien, je me permet même une bonne pause d’une heure dans un abri-temple. Ils m’ont bien manqué au Cambodge et au Laos ! Je trouve facilement une guesthouse à Wiang Pa Pao. Une bonne douche (aie les fesses en feu … mauvais réglage de selle), une bonne sieste, un bon repas et voilà ! La soirée sera courte, la journée a été bien remplie.
Jour 108 / 21.02.2009 / Wiang Pa Pao – Chiang Rai
Improvisation au p’tit déj, café au lait de coco ! Pas mauvais, surtout quand on a que ça … Je pars rapidement de la guesthouse pour une étape qui me semble de tout repos, le plus dur a été fait hier. Je prends donc le temps de m’arrêter pour un vrai déjeuner dans un boui-boui puis j’attaque cette longue ligne droite toute plate, qui devrait m’amener en un éclair à Chiang Rai.
Erreur ! D’une part ce n’est pas tout droit et d’autre part, c’est bosselé ! Enfin, tant mieux, c’est plus agréable. Je roule à un bon rythme, mais pas grand chose à voir sur cet axe principal du Nord à part beaucoup de voitures. Les 20 derniers km sont difficiles, j’ai les fesses en feu … J’arrive quand même à Chiang Rai où je m’installe pour quelques jours avant de repartir vers le Sud.
Jour 109 / 22.02.2009 / Chiang Rai
Visite de Chiang Rai au petit matin (à 7h), rien de tel pour commencer la journée. Armé du plan récupéré hier au TAT (Tourism Authority of Thailand), j’arpente les rues à la découverte de quelques édifices, somme toute trés classiques mais toujours aussi soignés, pour aboutir au Wat Kaew, LE temple de Chiang Rai. Effectivement, il est plutot original. Plusieurs batiments sont réalisés en bois foncé toujours aussi bien sculpté. L’un d’eux abritent un bouddha d’émeraude. Ca change de tout ces bouddhas dorés !
En quittant le temple, telle l’agence tout-risque, une horde de touristes chinois, armés jusqu’aux dents (Nikkon ou Canon minimum !), débarque en minivan (le même que dans la série avec Baracuda :p). Dés cet instant, ça rigole plus. Le temps s’arrête, les chinois courrent dans tous les sens à la recherche des bons spots pour poser, font des dizaines de clichés, sautent dans le minibus et filent à tout allure vers la prochaine cible. Tout ça en moins de dix minutes, du vrai travail de pro ! Impressionnant !
Tout ça m’a donné le tourni, je fais une halte dans un boui-boui où l’on peut choisir à travers une vitrine, le plat en sauce qui va accompagner l’assiette de riz. Dose asiatique, juste de quoi se caler une dent creuse, mais toujours trés bon. J’y reviendrai ! (qui a dit dans cinq minutes ?!). Aprés midi tranquille, au frais, dans un café, à fureter sur le net pour préparer la suite du périple, en attendant l’arrivée de Bruno.
Jour 110 / 23.02.2009 / Chiang Rai
Aprés moultes hésitations sur le moyen de locomotion, je monte dans un bus local (comprenez, rustique :p) en direction de Mae Sai, à 60km. Le trajet ne dure qu’une heure et demie et me voici aux portes du Myanmar, nouveau nom de la Birmanie. Je pensais pouvoir gratter un jour en arrivant en début de matinée (9h) le lendemain de l’expiration du visa mais que nenni ! J’ai beau expliquer à la militaire que je voyage à vélo, que 15 jours c’est juste et qu’il n’est que 9h du mat’, elle s’en fout royalement ! Je dois aligner un bifton de 500 Bath (un peu plus de 10€) sinon je ne passe pas ! Elle me le fais bien comprendre en posant mon passeport dans un coin, en attente. Un peu excédé, je lui jette le billet sur son comptoir et elle ne le prends pas très bien … Enfin, elle tamponne quand même ce foutu passeport.
Je traverse le pont (qu’on appelle souvent “de l’amitié” en Asie, je me demande pourquoi …) pour me retrouver chez les militaires birmans. Le premier me fait signe de passer derrière le rideau barrant l’entrée de l’officine. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce ne sont pas des rigolos. Tous tirent une gueule de dix pieds de long (au moins !) mais me tamponnent eux aussi gentillement le passeport en échange d’un joli billet de 10$. Me sentant tout d’un coup plus léger (enfin, surtout mon porte monnaie), je jette un rapide coup d’oeil à Tachilek (ville côté birman), qui est un marché à ciel ouvert où, parait-il, on fait de bonnes affaires, puis je regagne la Thaïlande pour 15 jours de plus, gracieusement offert.
Difficile de pouvoir visiter le Myanmar … Ce point frontière ne permet d’y rester qu’une seule journée, sans pouvoir s’éloigner de Tachilek autrement que par un tour organisé avec guides et multiples checkpoint en tout genre. Je ne sais pas s’il existe pire pays en terme de surveillance et de parano que ce pays … Michel, trikeur émérite rencontré à Phimai au début de l’aventure, s’y trouve actuellement (allez jeter un oeil sur son blog pour un avis de l’intérieur).
Pour le retour, on change pas une équipe qui gagne, je reprends le bus pour Chiang Rai. L’aprés midi sera consacrée à quelques bricoles (recoudre les cuissards, démonter et nettoyer le réchaud, manger un p’tit bout, etc …) puis encore et toujours à la recherche d’infos sur le chemin du retour (surtout sur le Kazakhstan et la Russie).
Ce coup ci, fini le repos, faut y aller ! Demain, j’entame une redescente vers Chiang Mai qui devrai durer une petite dizaine de jours, en passant le long de la frontière birmane. J’y retrouverai Bruno, équipé comme un pro, prés à faire face aux cols de plus de 4000m du Yunnan puis du Sichuan !
Publié par remy 










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