Mise a jour du blog …

Mardi 5 mai 2009

Desole pour les millions de lecteurs qui suivent ce blog (ah, on me souffle milliards dans l oreillette !) mais dorenavant les articles seront plus rares et plus concis. Cela me prend pas mal de temps de penser a des articles qui ne soient pas trop chiants a lire, et malgre toutes les belles choses que je vois, je reste parfois scotche devant l ecran a ne pas trop savoir quoi ecrire, par quel bout commencer.

La mise a jour sera donc moins reguliere, en fonction de l inspiration du moment ! Ne vous inquietez donc pas si vous n avez plus de nouvelles pendant plusieurs semaines/mois/annees/siecles (rayez les mentions inutiles).

A bientot !


Shuangjiang – Dali : le retour du goudron … et des camions :-)

Dimanche 29 mars 2009

Jour 11 / 22 mars 2009 / Shuangjiang

Repos ou pas repos, telle est la question ? Je suis réveillé par la désormais célèbre musique qui entraine ces adultes de bon matin à faire quelques pas de danse. Cela me rend tout zen et de bonne humeur, je vais finalement rester un jour de plus ici, au milieu des montagnes à regarder le spectacle quotidien de cette place.

Comme d’habitude, je commence la matinée par une visite de la ville, qui m’exaspère un peu plus quand je vois le comportement des chinois à mon égard. Pas un seul bonjour, par contre ils me regardent comme un animal de foire, n’hésitant pas à appeler leurs copains/copines à l’intérieur pour venir voir le spectacle. Pour leur faire comprendre que parfois c’est lourd d’être constamment épié, je fais pareil. Je m’arrête et les fixe du regard, en restant neutre. Ils comprennent vite et retournent à leurs occupations. Encore, si leur curiosité était accompagnée d’un salut amical ou d’un sourire, ça ne me poserai aucun problème, mais là, ils restent de marbre, c’est vraiment bizarre.

Je ressors un peu plus tard pour aller sur Internet. Au premier passage dans le cybercafé, je dis “Internet” avec le sourire, la fille qui tire une tronche de six pieds de long me fait signe que non de la tête … Ah ouais, et ils font quoi les gens ici alors ? Brrr ! Ca m’énerve ! Je marche un peu puis fait demi tour. Faut pas déconner, on va arrêter de me prendre pour un con. Je retourne au cybercafé, prêt à m’énerver s’il le faut mais j’accèderai à Internet. Par chance, ce n’est pas la même fille, même si elle est tout aussi agréable et souriante que la première, mais au moins je peux utiliser l’ordi.

A midi, je mange un bout dans un petit resto, toujours en allant montrer les ingrédients en cuisine. Aujourd’hui, carottes sautées et choux bouillis, avec du riz. Ca me va plutôt bien. J’hallucine de jour en jour de voir les gros problèmes de communication des chinois vis à vis des étrangers. Peur, timidité, parano, mépris, indifférence, sadisme de nous voir perdu dans cette nouvelle culture ? Je me demande bien ce qui les rend comme ça mais on ne peut pas dire qu’ils soient particulièrement agréables. Dès la moindre incompréhension, tout se bloque chez eux et ils disent non systématiquement … Et quand je pose une question, j’ai l’impression d’être un prof au collège, tout le monde se cache …

Je termine la soirée par un nettoyage du vélo avec les moyens du bord (quand j’ai demandé un jet d’eau pour nettoyer on m’a renvoyé un non bien ferme et sans équivoque), un p’tit tour de la ville à vélo pour manger quelques bouchées (pate à pain peu cuite, ou pâte de riz, renfermant une farce succulente), prendre une bière locale (de Lancang, aussi transparente que l’eau, bière chinoise oblige) puis glandouiller, impatient d’en découdre avec la montagne demain matin, jusqu’à Lincang.

Jour 12 / 23 mars 2009 / Shuangjiang – Lincang

Je décolle vers 8h30, sur un magnifique goudron ! Que c’est bon ! P’tite montée de mise en jambe, ça redescend un peu et me voilà 20km plus loin à Mengku, début du gros col de la journée. Effectivement, je grimpe pendant 27km mais à de faibles pourcentages et sur une route vraiment top, un vrai bonheur ! La majorité de la montée se passe dans une forêt de pin, puis, une fois passé le col, je me retrouve au beau milieu de plantations de thé ou de tabac, je ne sais pas trop. Ca descend sur une petite dizaine de km pour remonter de plus belle et redescendre jusqu’à la jonction avec la route venant de Simao (route que j’aurai pu emprunter en partant de Jinghong). Ouf, le plus dur est fait, 62 km au compteur. je m’arrête manger dans un resto, comme d’hab, p’tit tour dans la cuisine, bons petits plats, je me régale et je repars. Ca remonte un peu avec le vent dans la figure mais pas plus de 10 km, aprés, c’est que du bonheur ! Une descente jusqu’à Lincang ! Voilà une étape comme je les aime, affronter la difficulté le matin et finir en roue libre par une belle descente.

Sentier dans une forêt de pins

Sentier dans une forêt de pins

Plantations de tabac (ou de thé, je ne sais pas ...)

Plantations de tabac (ou de thé, je ne sais pas ...)

Lincang est une ville comme les autres, plutôt grande mais sans aucune particularité. De ce côté là, le Yunnan m’aura pas mal déçu. Hormis ses paysages typiques, le reste n’est pas vraiment intéressant et il n’y a absolument rien à visiter lors des jours de repos … Vivement que j’arrive à Dali pour voir de beaux monastères tibétains !

J’aimerai camper un peu plus car l’accueil dans les hotels est exécrable mais c’est vraiment difficile sur cette route où chaque bout de terrain est cultivé … Je vais quand même tenter le coup les prochains jours, avant d’arriver à Dali.

Jour 13 / 24 mars 2009 / Lincang – Yunxian

Au p’tit déj je finis les restes de riz d’hier soir. Je m’en suis encore mis plein la lampe entre les différentes bouchées et les plats avec le riz, j’ai roulé jusqu’au lit. Encore une fois, je n’ai pas bien dormi, les lits sont trop durs, j’ai l’impression d’être sous la tente sans mon matelas … Résultat : j’ai mal au dos et je suis bougon. Pas pour longtemps, la route descend pendant … 45 km ! Mais comment est ce possible, j’étais à peine à 1500m et Dali se trouve à 2000m ? Peu importe, ça descend tout doucement, idéal pour une étape où l’on est pas motivé. Ensuite, cela remonte sur 20 km, avec d’aussi faibles pourcentages que la descente, donc ça roule plutôt bien. Puis je finis par 20 nouveaux kms de belle descente rapide (50-60 km/h) qui me mène à Yun Xian à midi. Ca ira très pour aujourd’hui !

Je fais un tour dans la ville à la recherche d’un hotel dans un endroit sympa mais ça n’existe pas dans une ville chinoise. Alors je tente ma chance dans un qui a l’air assez à l’écart de la circulation.

- ni hao !
- pas de réponse
- room ?
- gloussement
- mime de dodo
- oui, c’est 60Y
- ok, can I see ?
- gloussement
- mime de celui qui veut voir
- gloussement
- ok bye bye

et je me casse de cet endroit où on aime bien se foutre de moi de toute évidence. Après tout, s’ils ne veulent pas faire d’efforts pour comprendre leurs clients étrangers qu’ils aillent se faire voir, pour rester poli.

J’avance un peu et voit un resto où je pourrais manger un bout.

- ni hao
- pas de réponse
- mime de celui qui veut manger
- oui, 28 Yuans (normalement, je paie entre 10 et 15)
- ok, bye bye

Prochain boui boui, je m’approche, elle tire une gueule de six pieds de long, je me casse. Maintenant, je préfère manger de l’herbe et dormir sous la tente que d’être client de sales gueules comme ça !

A force, d’errer dans la ville, je découvre un hotel à l’abri du bruit (mon premier critère de choix), géré par une fille charmante et qui semble bien plus futée que ces consoeurs adeptes de la bébète-attitude. En plus c’est pas cher, c’est propre, et chose extraordinaire en Chine, tout fonctionne ! Marché conclu !

Je file ensuite sur le net, puis me balader en ville à la recherche d’une superette pour acheter quelques biscuits pour demain. J’en profite pour prendre des bouchées, le repas du soir et aussi une demi pastèque énoooooorme que je finirai demain matin.

Aujourd’hui j’ai récupéré le récit de Fred Ferchaux sur la route Chengdu – Lanzhou. Je file le lire de ce pas, se sera sans doute la seconde partie de mon périple en Chine, avant de rallier Pékin par le train.

Jour 14 / 25 mars 2009 / Yunxian – quelques part dans les montagnes

Debout à 4h40, impossible de me rendormir, bizarre … Alors je déjeune, je trainouille à regarder le curling à la télé (faut vraiment ne pas pouvoir dormir :D ), et je pars tôt, vers 7h45, une fois le jour bien levé.

Toujours autant de badaux dans les rues, alors je fais pareil, au moins ça les fait rire. Aujourd’hui je m’attends à rattraper l’altitude que j’ai perdu hier, il faudra bien que j’arrive à 2000m à Dali. Effectivement, je commence par une interminable montée sur 38 km (avec quelques courtes descentes, je l’avoue), sans trop l’envie de rouler, et avec une accumulation de fatigue physique trop importante. J’ai vite mal aux jambes et au cul, je multiplie les arrêts comme cela ne m’était jamais arrivé. Mais je grimpe, c’est le principal.

Toujours la route 214 ... en meilleur état ;-)

Toujours la route 214 ... en meilleur état ;-)

Comme toujours, les belles vues de plus en plus plongeantes, dans la vallée, me motivent et agaillent ma matinée. J’ai dû passer quelques tunnels, sur un trottoir en hauteur, frontale vissée sur la tête. Cela m’oblige à pousser le vélo mais quand je vois à quelle vitesse ils passent là dessous, je préfère …

Un bon tunnel de 3 km

Un bon tunnel de 3 km

Au bout de cette longue montée, alors que ma super carte Nelles m’anonçait le début d’un col pas très loin (ce qui me faisait un peu peur vu ce que je venais de monter, mais pas impossible), je traverse un nouveau tunnel et voit un panneau “23 km de descente” ! Waouh ! Je vais encore me régaler ! Mais il faudra de toute façon remonter tout ça juste après.

Vue dans la vallée

Vue dans la vallée

La belle montée

La belle montée

La descente est magnifique, avec des vues sublimes dans plusieurs vallées profondément encaissées, où l’on voit à perte de vue, les montagnes sculptées jusqu’à une altitude assez impressionnante. Tout ce spectacle est bien sûr dominé par quelques bons pics imposants, dont un culminant à 3300m ! (Plus haut que le Vignemale !). Rien que pour ça, ça valait le coup d’en chier ce matin.

Au bout de la descente, j’ai faim et je n’ai croisé aucun resto boui boui … Juste avant le tunnel précédant le pont, marque de la fin de la descente, se trouve un stand de bananes où j’ai l’impression qu’ils servent des soupes de pâtes. Je m’arrête alors qu’une des dames me hélait déjà de la route pour que je lui achète un coca. Niet !

Vue sur le Mékong

Vue sur le Mékong

Descente jusqu'au pont

Descente jusqu'au pont

Je montre le bol et je suis plutôt surpris par la préparation qu’entame la cuisinière. Un peu de gelé transparente, un peu de gelé beige, une petite dizaine d’épices, de sauces, etc … et voilà ! Arf, qu’est ce que je vais manger encore … Pas le choix, c’est commandé, faut y aller. Ca va, ça passe, c’est assez frais mais je n’ai aucune idée de ce que c’est :D Avant de partir, je prends quand même quelques bananes à la première dame, ça peut toujours servir.

Je passe le tunnel, puis le pont, et attaque un nouveau col, celui annoncé sur la carte Nelles. Il fait bien chaud cet aprém, et j’ai vraiment plus de jus … Je lutte un peu pour avoir un peu moins à faire demain mais au bout de 12 km de montée, je passe devant un hotel de bord de route (ceux pas cher mais suffisamment confortables) et je m’arrête là pour aujourd’hui.

Costauds les paysans (et paysannes) chinois !

Costauds les paysans (et paysannes) chinois !

J’ai l’impression qu’il est tenu par des femmes chinoises musulmanes, car elles portent toutes un voile sur la tête, et le logo ressemble à une mosquée avec une écriture arabe. En tout cas, l’accueil est très sympa, pour une fois ! Je m’installe, une douche chaude (il suffit d’aller dans des petits hotels pour trouver l’eau chaude vu que dans les gros ça marche 1 fois sur 10 …), un bon petit repas (riz, patates frites, aillets, tomates, oignons), un bon thé chaud et je commence à somnoler. Je rentre à ma chambre en marchant en crabe et me vautre sur le lit pour 2 bonnes heures de sieste ! Ca fait un bien fou ! Comme plusieurs fois depuis quelques jours, j’ai mal aux jambes quand je dors, surement trop de fatigue accumulée, je vais souffler une semaine à Dali. De toute façon, j’aurais de quoi visiter entre Dali, Lijiang et Zongdhian.

Je crois que pour le reste de la soirée, je ne vais pas faire long feu et retourner dans les bras de morphée.

Jour 15 / 26 mars 2009 / Dans les montagnes – Midu

Réveil tranquille à 6h, j’ai juste à faire mes sacoches et à espérer pouvoir manger un peu ici avant de partir. En sortant, je découvre un chinois dans un lit sur la terasse, entrain de dormir. Il a dû se geler toute la nuit ! Une des dames est debout, elle me prépare une bien bonne soupe de pâtes et un thé brulant. Idéal pour se rechauffer avant de partir, ça caille ce matin !

Début de route tranquille, c’est relativement plat. Je m’arrête assez vite acheter de l’eau, on n’est jamais trop prudent. Dans la minuscule échoppe où je me suis arrêté, je vois 2 dames acheter des galettes de pain cuites dans les braises. Elles sont toutes chaudes (les galettes bien sûr !) alors je me laisse tenter. C’est bien bon, avec un zeste de confiture de figues maison ça aurait été top !

Je dois être dans la vallée de la bonne humeur, ici les gens sont agréables ! Ils répondent à mes “ni hao !”, ils sourient, m’encouragent, ça me donne la pêche. Comme quoi, c’est pas si dur d’être poli ! Bon, les routiers sont toujours aussi … bruyants, mais peu à peu, j’arrive à les ignorer.

Il y a quelques chose de vraiment surprenant chez les chinois qui klaxonnent. Hormis les routiers qui font mumuse ou les bourrins en 4×4 qui ont peur d’être pertubé dans leur trajectoire idéale, les autres le font tout en restant aussi immobiles dans leur véhicule qu’un moine en pleine méditation. Pas un regard, pas un signe de la tête ou de la main, juste un coup de klaxon, avec en bonus, une gueule de six pieds de long. On croyait presque que ça vient d’ailleurs…

Une fois les 15km de montée avalés, je traverse un tunnel de 2.6km en pédalant, avec le coupe vent fluo et la frontale derrière, pas de souci. S’en suis une descente de 26 km, puis une longue route en fond de vallée, plutôt descendante, qui me mène jusqu’à Nanjian, puis Midu. A 30 km de l’arrivée, le vent s’est levé, un peu tout fou, il soufflait dans toutes les directions. Ca m’a un peu ralenti mais ce n’était pas bien méchant.

Ce soir, aprés quelques heures sur internet à papoter, je me suis arrêté manger des raviolis fraichement préparé juste avant que j’arrive. Un délice ! Pendant qu’ils cuisaient, j’ai pu admirer le cuisto entrain de faire des spaghettis frais à la main. Il a le coup de main !

Jour 16 / 27 mars 2009 / Midu – Old Dali

“Love, love midu” disaient les Beatles. Je n’en dirais pas autant, alors je file vers Dali. Hier, deux interrogations subsistaient : avec tout ce que j’ai descendu, à quelle altitude suis-je ? vais-je devoir grimper pendant 50km pour arriver à Dali qui culmine à 2000m ? Puis, quelle est la véritable Dali, Xinguang alias Dali Shi qui est énorme, ou bien Dali, toute petite une grosse dizaine de km plus loin ?

Pour la première question, je trouve finalement sur internet que je suis à 18OOm. J’ai du mal à le croire, je suis impatient de voir le profil de la route 214 pour avoir une idée de l’altitude à laquelle je suis monté. Pour la seconde, Xinguang est New Dali (à ne pas confondre avec New Delhi :p), une ville encore plus grande que Jinghong, ressemblante à toutes les villes chinoises, puis Dali que l’on voit un peu plus loin sur la carte n’est autre que la vieille ville de Dali, beaucoup plus petite mais plus typique.

Hormis les camions et bus qui s’était passé le mot pour klaxonner comme des abrutis aujourd’hui, l’étape fut agréable. 15 km dans la vallé de Midu, très construite, pour arriver au début du col qui va me mener dans la vallée supérieure, celle de Dali. Ca ne monte pas méchamment, et en plus la route est à flan de montagne, je peux voir de plus en plus loin dans la vallée ! Arrivé vers 2400m, j’aperçois une route qui monte au moins 400m de plus … Heureusement, ce n’est pas par là que je vais ! Je traverse un village où j’ai failli me faire bouffer un mollet par un sale chien bien sournois. Alors qu’il me voit de loin, il reste sur le bord de la route, imitant à la perfection le chien blasé et tout gentil. Puis, quand j’arrive à 2 mètres de lui, il sort les crocs et me poursuit dangeureusement prés … Je gueule comme un fou pour le faire abandonner ! Je m’arrête quelques mètres plus loin pour ramasser un caillou et lui balancer sur la gueule, c’est pour tous les chiens qui m’ont poursuivi ! Aprés 26 km de montée, je passe dans la vallée de Dali et entame la descente. Alors que dans l’autre vallée j’ai vu pas mal de forêts de pins, ici c’est plutôt des champs de blé tantot verts tantot dorés, pas désagréable à l’oeil ;-)

Col menant à la vallée de Dali

Col menant à la vallée de Dali

Alors que j’ai déjà parcouru 45 km, je débarque sur une large route (2×3 voies), bordées d’énormes industries et qui me semble interminable tant le concert de klaxons et les gros nuages noirs sortant des pots d’échappement m’agressent. Les chinois auraient des routes de 2×10 voies, je pense qu’ils trouveraient quand même le moyen de klaxonner … Enfin, 60 km au compteur, j’arrive à New Dali. Je visite un peu, cela ne me donne pas envie de dormir là. Alors je mange quelques bouchées et une soupe de nouille, super bon comme d’hab, et je file vers le PSB (La police de l’immigration chinoise) pour essayer d’étendre mon visa. J’apprends qu’il faut que je me pointe 3 jours avant l’expiration du visa pour l’étendre, pas moyen de le faire en avance … Mais ce n’est pas forcément pareil dans les autres villes, il se peut qu’à Lijiang, 200 km plus loin, je puisse l’étendre. Quelle bande de boulets …

Tant pis, je continue mon chemin vers Old Dali, alors que les gouttes commencent à tomber. Je fais la course avec un gros nuage noir … et je gagne, juste à temps. Old Dali est le Luang Prabang chinois, une vieille ville certes très jolie au petit matin, mais faite pour les touristes, avec pleins de boutique pour occidentaux, tout écrit en anglais et où tout y est bien plus cher qu’ailleurs. C’est pas un coin pour moi … Je me pose dans une guesthouse où ils ont des outils pour réparer mon vélo (Cycling Dali ça s’appelle !). Ce soir je souffle et dès demain je remet en état le vélo (quelques ennuis depuis la route pavée), je fais quelques provisions et aprés demain, je file vers Lijiang (qui risque de me faire le même effet que Dali, mais bon, c’est ça le tourisme de masse). Ce soir, je me fais un pote. Le chien du proprio, adorable, qui m’accompagne dans mon rapide tour de la ville, vu qu’il pleut des cordes ! Obligé de lui filer un bout de mon cher cookie, je suis tellement content de rencontrer un chien sympa :-)

Rue de Dali

Rue de Dali

Une des portes de la vieille ville

Une des portes de la vieille ville

Façade typique des maisons

Façade typique des maisons


Menghai – Shuangjiang : les rizières de l’enfer

Dimanche 29 mars 2009

Jour 7 / 18 mars 2009 / Menghai – Lancang / 147 km

Me voilà parti vers Lancang, à plus de 100km d’ici, mais je ne sais pas précisemment combien. Probablement que je camperai avant car ça à l’air de monter pas mal. Avant le départ, petite leçon de prononciation ! Menghai se prononce “Mungraï” et Lancang se dit “Lantsang”. Ca peut être utile pour demander son chemin ;-) Ces mots sont écrits en Pinyin, une transcription en lettres latines des idéogrammes chinois. Il y a quelques règles de prononciation que l’on trouve assez facilement, et avec ça on doit pouvoir arriver à bredouiller quelques mots, mais sans les accents toniques donc on n’est pas souvent compris … Par chance, pas mal de chinois lisent le pinyin, donc on peut toujours montrer sur la carte où on veut aller.

Mais revenons à nos moutons, l’étape commence par une pente de 5 km puis une descente tout aussi longue. Impeccable pour s’échauffer. La route continue au milieu des rizières s’étendant à perte de vue, où les agriculteurs sont en pleins travaux. La plaine est vraiment immense, avec les montagnes au loin, cachées par un léger voile de brume.

Premières rizières en terrasse

Premières rizières en terrasse

J’arrive à un croisement qui m’indique “Da luo” à gauche et “Menglun” à droite. Il y a comme un petit souci vu que sur ma carte, les deux sont à gauche et mènent à la frontière birmane. Je demande à un des flics controlant les voitures au croisement, qui me sort un charabia avec le plus grand sérieux (Ils n’ont pas l’air de savoir que tout le monde ne parle pas chinois …) puis semble m’indiquer la route à droite. A chaque fois que je demande mon chemin à quelqu’un, j’essai de me faire d’abord ma propre idée et voir si cela correspond. Dans ce cas précis, c’est ce que je pensais aussi donc j’y fonce.

Cette route se transformant peu à peu en piste, traverse un village qui ressemble à tous ces villages déjà traversés, de la poussière, du bordel, des ruines, rien qui n’attire l’oeil. Elle est en travaux, pas mal d’ouvriers se démènent pour la refaire. Encore une fois, chacun sa petite tâche, multiplié par un nombre importants d’ouvriers, ça avance vite ! Malgré l’espèce de gravier tassé, je trouve un bon rythme sur le plat. Cela continue comme ca sur une trentaine de kilomètres, avant de retrouver le goudron avec pas mal de nids de poule et de tas de sable au milieu, annonciateurs de futurs travaux.

Route en reconstruction

Route en reconstruction

Rizières comme je les imaginais

Rizières comme je les imaginais

vallée

vallée

A 11h30, j’arrive à Ninjao, un village sur la carte mais qui s’est pas mal étoffé depuis. C’est l’occasion de manger un bout avant d’attaquer la montée qui à l’air interminable. Je vais choisir en cuisine les ingrédients que je veux, puis le cuisto fait à sa guise. Je me retrouve avec une omelette, des tomates passées à la poele et des beignets de courgette. Trés bien ! Je repart dès 12h15, sans m’attarder dans ce resto où 2 chinois parlent super forts et me dégoutent à jeter leur os par terre …

Sur ces routes pas mal empruntées par la population locale, c’est toujours l’occasion de faire le guignol avec les gens ou les quelques vélos que je rencontre, à défaut de communiquer, au moins, on rigole. J’essai d’ignorer au maximum le passage des bus et camions qui klaxonnent pour un rien, et même parfois avec un certain plaisir de faire sursauter, juste quand ils sont à ma hauteur. Le conducteur chinois peut être très con lui aussi… En revanche, j’apprécie beaucoup les signes d’encouragement de quelques uns, qui lèvent le pouce :-)

Aprés 60 km, une première ascension se montre. La route est à nouveau gravillonneuse mais rien de problèmatique pour grimper pendant 10 km. S’en suis une excellente descente sur 10km, avec une relative bonne route et pas un chat ! J’en profite ! Tout en bas, des ouvriers sont entrain de faire tomber des rochers d’en haut d’une falaise sur la route, donc elle est barrée quelques instants. Une fois le chantier terminé, un tracto-pelle nettoie tout et on peut passer.

Ca commence à bosser ici

Ca commence à bosser ici

Je roule à nouveau sur du plat pendant 10 km et me voici au pied de la montée qui devrait aller jusqu’à Lancang. J’ai déjà fait 90km mais il est assez tôt, je vais continuer encore un peu, quitte à m’arrêter prés d’une rivière que je devrais longer pendant un moment. Le tout début est en bon état mais devient vite en chantier. Au bout de 5 km, j’arrive sur une piste poussiéreuse et très étroite passant à flan de montagne. Je dois faire attention aux camions et les laisser passer. J’atteins ensuite sur une route pavée qui secoue pas mal, puis une route en cailloux qui secoue encore plus. Tout ça en grimpant, ça commence à m’user les fesses et les jambes. Mais bon, tant que ça monte, je continue, ça sera ça de moins à faire demain. Et puis, j’ai toujours en ligne de mire Lancang. C’est sans doute encore loin mais faisable vu le temps qu’il me reste et un bon lit me ferait du bien.

Aprés cette montée, me voilà à 100km et j’entre sur une piste faite de rochers saillants recouvert d’un espèce de talc ocre, parfois sur une vingtaine de centimètres d’épaisseur. Avec le traffic assez important de camions de chantier, autant dire que c’est un grand plaisir de rouler dans un brouillard permanent avec cette poussière qui s’infiltre partout, assèche les yeux et la gorge. Mais je me dit que ça ne peut pas durer trop longtemps, tout comme la montée. Erreur ! Je vais subir ça sur 40 km ! A un rythme oscillant entre 8 et 11km/h, j’en bave … Les jambes tiennent bons mais c’est dur de supporter ce chao, cette poussière, ce bruit … Pour la première fois du voyage, je découvre ce que c’est que d’être regardé comme un fou par les locaux. Les chinois sont bouche bée en me voyant passer au milieu des camions. Certains m’encouragent, d’autres restent sans bouger. Faut dire que ça fait un moment que je grimpe, bientôt je vais voir de la neige si ça continue !

début de la route poussiéreuse

début de la route poussiéreuse

Route pavée, qui monte, qui monte !

Route pavée, qui monte, qui monte !

Le vélo, en tenue de camouflage ;-)

Le vélo, en tenue de camouflage ;-)

En fait, le pourcentage n’est pas important, donc je ne prends pas beaucoup de hauteur. Sauf à 25km de l’arrivée, où ça se met à grimper assez sec pendant quelques kilomètres, puis à alterner montées/descentes si bien que je me demande si j’arriverais un jour et si j’aurais droit à une belle descente. Il est 18h30, il commence à faire un peu plus sombre. Il doit me rester 1h de jour avant que ça ne soit risqué de rouler. Mais j’ai envie d’en finir avec cette piste, pas question de camper dans ce merdier ! Maintenant, une borne m’indique km aprés km l’arrivée. Cela m’aide même si la piste est toujours aussi pourrie. J’ai les yeux tout rouge, la gorge désséchée, les genoux qui parfois reste bloqués sans que je puisse continuer de pédaler. Sensation trés étrange …

motard sympa qui vient papoter juste avant la descente

motard sympa qui vient papoter juste avant la descente

En fin de journée, juste avant de descendre

En fin de journée, juste avant de descendre

aperçu de la vallée avant de descendre

aperçu de la vallée avant de descendre

Alors qu’il ne reste que 5 km d’aprés la borne, la descente commence ! Vu la piste, je ne roule pas bien vite, peut être à 25 km/h en vitesse de pointe, mais au moins les jambes se reposent. Quand je vois apparaitre la vallée, et donc le km 0 de la borne, je suis soudain inquiet. Il n’y a que quelques maisons, ce n’est pas Lancang ! Il est 19h. Je traverse le hameau en demandant s’il y a un endroit pour dormir. On me montre toujours la suite de la route de l’air de dire “plus loin” ou “dégage mon p’tit gars on ne veut pas de toi”. Sans doute la fatigue me fait ressentir les choses comme ça. J’avais rencontré 2 motards chinois qui me disaient aller à Menglang de l’autre côté des montagnes. Je continue la route, à nouveau sur le goudron, sans doute propulsé par mon envie de lit bien frais plus que par mes jambes qui veulent s’arrêter là.

Je fais 6km à 30km/h de moyenne, pour arriver enfin dans une ville qui s’appelle .. Lancang. Hum, je ne comprends pas vraiment où j’étais avant alors, mais peu importe, je saute sur le premier hotel de la ville, je m’installe, aidé par un gars de l’hotel, pour monter mes bagages au 5eme (sans ascenseur bien sur :p), une douche et je m’affale sur le lit jusqu’au lendemain matin.

Huuuum, c'est bon la poussière !

Huuuum, c'est bon la poussière !

147 km au compteur, 9h15 de pédalage, sacrée étape !

Jour 8 / 19 mars 2009 / Lancang

Vu la journée d’hier, aujourd’hui je récupère, j’entretien un peu le vélo et je lave les vêtements. Mais avant, je lis jusqu’à 10h au lit et ça fait du bien ! Première fois de l’aventure que je me lève aussi tard !

Je pars ensuite faire un tour en ville, de mauvais poil (normal, je suis fatigué :p). Je rentre dans un magasin acheté un truc à boire mais je suis suivi par 3 filles qui m’observent sans rien dire et me suivent de rayons en rayons comme pour voir si j’allais piquer un truc. Ca me rend furax, je leur dit “aller vous faire voir” et je sors du magasin. J’essai ensuite de trouver un cybercafé. J’en trouve un, aidé par un vendeur de téléphone portable, mais aprés quelques discussions, il me fait comprendre qu’il me faut le passeport et un policier. Hein ?? J’hallucine ! C’est quoi ce pays ?! Je lui dit “trop compliqué” et je m’en vais, avec un peu les boules.

Sur le chemin du retour, je trouve un super cybercafé où je peux regarder les mails et avoir accés à mon blog ! Youpi ! A midi, je vais finir le bouquin entamé, cela me détend bien, puis je descend nettoyer le vélo. Le gars d’hier me propose gentillement le jet d’eau, du coup ça va vite. Je répare le porte bagage avant qui s’était défait avec les secousses puis je repars sur internet mettre à jour le blog, pour mes très chers lecteurs ;-)

Jour 9 / 20 mars 2009 / Lancang – Fuyong / 68 km

Aujourd’hui, je m’accorde une grasse mat’. Plus la peine de se lever à l’aube vu qu’entre midi et 14h il fait une température raisonnable pour rouler. Cela me laisse amplement le temps de rouler 6-7h sans me speeder, c’est déjà une belle étape.

Le début est vraiment chouette, une belle ascension de 18 km sur une route goudronnée en parfait état et avec quelques superbes vues dans les vallées. Je me régale même s’il n’y a pas vraiment de descente derrière, juste quelques kms. Puis, j’arrive à Munai, où je demande ma route à 2 gamins qui me scrutent de la tête aux pieds depuis quelques minutes alors que je mange un petit morceau. J’ai le choix entre une montée et une descente. D’aprés la carte, j’aurais tendance à prendre la descente mais eux m’indiquent la montée. Je préfère demander à un adulte et j’ai bien fait. En route pour la descente !

Rizières, de bon matin

Rizières, de bon matin

Elle ne dure pas longtemps, surtout que la belle route goudronnée se transforme en une infame route pavée à l’arrache … J’espère que ça ne dure pas longtemps mais je ne sais pas encore ce qui m’attend. J’arrive au niveau de la rivière que je franchi via un pont et de là commence une interminable montée de 30km vers Fuyong, sur une route désastreuse. Mon moral est mis à rude épreuve. Physiquement, je pourrais rouler encore longtemps, mais j’ai beaucoup de mal à avancer. A chaque mètre, la route me rentre dans le corps, les genoux, les fesses, les coudes, les poignets, le dos morflent, chaque coup de pédale est une souffrance de plus, j’ai l’impression d’être sur un marteau piqueur roulant qui grimpe une côte autour de 6% !

Descendre sur un bon goudron, c'est bon !

Descendre sur un bon goudron, c'est bon !

Route pavée et champs de blé

Route pavée et champs de blé

Route pavée dans la forêt

Route pavée dans la forêt

vallée de rizières

vallée de rizières

Les rizières en famille

Les rizières en famille

Encore une rizière

Encore une rizière

Peu à peu, je me réfugie dans un espèce d’état second où je m”efforce d’ignorer la douleur pour avancer. C’est la seule pensée présente à mon esprit, avancer ! Le corps devient une simple machine qui répète inlassablement le même mouvement pendant que l’esprit contient la douleur. Mais progressivement, cette barrière protectrice psychologique se fissure, et crier du fond de mes tripes me fait du bien même si on doit me prendre pour un félé. Plus j’avance plus je multiplie les arrêts, je n’en peux plus. Je sais que si je m’arrête là, j’aurais à continuer cet enfer demain matin, alors je me force à continuer, au moins jusqu’en haut de ce col. Mais à chaque virage, je découvre ce sentier des ténèbres qui n’en fini pas de grimper … Sur la fin, je ferais un arrêt tous les 400m tellement j’en ai marre. Mais une fois en haut, je trouve de l’eau, du coca et des petits pains au lait tout secs, que je trouve délicieux ! Je me pose un peu sur un banc dans le bled, je demande s’il y a un endroit pour dormir et on me dit à 3 km. Je viens de finir cette enfer de montée et j’aperçois le fond de la vallée tout au loin. Je n’ai aucune idée de l’altitude mais je dois être proche des 2000m. Même la descente est violente, mes genoux sont bloqués, je n’arrive plus à pédaler. Je pense avoir trouvé l’hotel local, je demande, c’est là ! Pas d’hésitation, je m’arrête là !

La belle montée en pavée !

La belle montée en pavée !

Il est 17h et je termine une étape qui restera longtemps dans ma mémoire. Pas difficile physiquement car si la route avait été goudronnée je me serai éclaté malgré le dénivelé, mais vraiment trés dure mentalement, je suis heureux de ne pas avoir craquer au milieu.

Un admirateur tout penaud

Un admirateur tout penaud

A l’hotel pour chinois (rien à voir avec les hotels classiques dit “pour étranger”, c’est trés basique, pas toujours trés propre, mais amplement suffisant), qui coute 1€ la nuit repas compris, je m’installe, je prends une douche avec eau chaude dans une cabane et je vais dans le coin où on joue au carte et où on mange. C’est bourré de chinois qui rentrent du boulot, ils picolent pas mal mais ils sont super accueillants. Bien sur, ils me parlent chinois pendant 2h, je ne comprends rien, ils le savent mais on rigole. Au début j’ai un peu peur, chacun défile avec son verre de gnole locale et je dois trinquer à grands coups de “Campé !” (vous vous souvenez ;-) ). Ils sont bien une vingtaine, je risque de ne pas être trés bien aprés ça :p Mais par chance, qu’une petite dizaine vient me voir (enfin, certains en redemande … et difficile de refuser vu leur enthousiasme). Je les regarde jouer aux cartes comme des fous, puis vient l’heure du repas que l’on partage tous ensemble. Chacun son bol de riz puis on pioche dans les grands plats de viandes et de légumes à sa guise. Ils m’auraient fait manger la moitié du boui boui ! J’ai beaucoup apprécié ce moment de partage, où la plupart sont venus papoter et rigoler, c’était chouette. A mon grand étonnement, à 19h ils sont tous parti vers un hotel à 20km de là. Ils ont insisté pour que je vienne avec eux mais pas envie de refaire mes bagages et de descendre 20km …

Finalement, je ne regrette pas cette étape, même si j’ai maudit la terre entière pendant presque toute la journée :D Et ça risque de continuer demain …

Jour 10 / 21 mars 2009 / Fuyong – Shuangjiang / 102 km

Changement de plan, je continue de me lever en même temps que le jour, cela me laissera le temps de bien souffler toute la journée. Ce matin, je n’ai pas grand chose à manger donc je suis vite prêt. J’ai un p’tit mal de ventre soudain, je fonce dehors dans le noir mais impossible de trouver les toilettes … tant pis, je vais me cacher derrière un arbre en bord de route. Juste avant de partir, la gérante de l’hotel a du me voir, elle me montre les toilettes …

Et c’est parti pour une nouvelle journée qui commence sur les pavés mais en descente. Au bout de 3 km, j’en ai déjà marre d’être secoué mais il va falloir faire avec pendant un moment. Cette descente dure 20 km. A l’arrivée, un petit plat puis …. du goudron ! Wouaaaaah ! Cela dure … 2 km puis, peu à peu, le goudron s’efface pour redonner place aux pavés pendant une bonne dizaine de km. Par chance, c’est plat, mais rien que l’idée que ça dure jusqu’à la prochaine grande ville me donne des frissons. Je m’arrête donc manger une soupe de nouilles dans un hameau, puis je remonte difficilement sur le vélo.

Belles rizières, de bon matin

Belles rizières, de bon matin

Descente dans la vallée

Descente dans la vallée

C’est vraiment à partir d’ici que le calvaire commence. Les pavés disparaissent plus ou moins pour donner place à une piste complètement défoncée, remplie de rochers saillants et de poussières. C’est toujours plus ou moins plat mais ça durera pendant 50 km ! Là j’en peux vraiment plus, je crie de rage, j’aurais tout cassé. J’avais envie de dire “stop, c’est bon, j’abandonne, prenez mon vélo, je rentre chez moi”, mais malheureusement ce n’est pas comme ça que ça marche. Alors je hurle par moment, ça me calme. Je fais une bonne partie en danseuse, sur du plat, à 7 km, pour dire à quel point j’en suis rendu … Pour la première fois, j’ai envie de balancer le vélo dans le fleuve et rentrer chez moi, j’en ai presque envie de vomir de dégout. Ce qui m’énerve le plus c’est surtout la soi disant “meilleure carte de Chine” que j’ai et qui indique cet axe comme une route principale alors que même un chemin de boeuf est plus pratiquable … Alors que le moral est au plus bas, je pense soudain à m’arrêter me faire thé revigorant. Mine de rien, ça fait 5h que je suis parti, étape difficile ou non, ça ne fait jamais de mal de souffler. Ce thé me fera le plus grand bien et me donnera un peu de courage pour les kilomètres suivants.

une bonne route comme je les aime ... PAS !

une bonne route comme je les aime ... PAS !

Et ça continue, encore et encore ...

Et ça continue, encore et encore ...

C'est que le début, d'accord, d'accord ...

C'est que le début, d'accord, d'accord ...

Et pour en rajouter une couche, les gens ne sont pas vraiment agréables, ils ne répondent jamais quand je leur dit bonjour et les paysages assez quelconques (je passe la majeure partie de la journée au fond d’une vallée à longer un fleuve …) En regardant la carte, je vois un croisement à 80 km du départ, et je me fait à l’idée qu’à cet endroit, en traversant la rivière, la route risque de redevenir goudronnée. Par chance, je ne me suis pas trompé, je traverse le pont et voilà un bon goudron tout lisse ! Mais je suis tellement à bout que ça ne me fait ni chaud ni froid. Mon seul objectif c’est Shuangjiang pour prendre une douche, manger des fruits et dormir.

Avant ça, je me fais sauter dessus par des flics qui me demandent le passeport, où je vais, etc … Ca se voit bien, je suis un terroriste, je transporte des bombes dans mes sacoches. Enfin, au bout de 10 minutes ils me laissent partir. J’attendais le moment où ils allaient me demander des sous, chaud bouillant comme j’étais, ils auraient vite compris.

Aprés quelques centaines de mètres sur le goudron, je tombe sur un resto isolé. Je m’y arrête et suis agréablement accueilli par une charmante vieille dame qui me prépare un bien bon repas (courgettes poelées avec des piments, puis une soupe tomates fraiches et oeufs pochés, le tout avec du riz, bien entendu). Ca me requinque et me donne l’occasion de faire le vide pour attaquer le goudron en meilleure forme. Je parcours les 20 derniers kms comme je peux et arrive enfin à Shuangjiang. Je me pose rapidement, me douche, file chercher des fruits et quelques gourmandises trouvées sur la route. Je rentre me goinfrer de mandarines et de thé !

L’hotel où je suis donne sur une grande place qui est peu à peu investi par des enfants qui viennent faire voler les cerf-volants ou apprendre à faire du snakeboard, et par les parents qui ont l’air de répéter des danses en groupe. Ambiance détendue et très sympa à voir et danses bien rigolotes aussi ! hé ho, ils se moquent bien assez de moi sur la route ! ;-)

Ca danse sur la place de Shuangjiang !

Ca danse sur la place de Shuangjiang !

Je me souviendrai longtemps de ces 3 dernières étapes !


Premiers tours de roue dans l’empire du milieu

Dimanche 29 mars 2009

Jour 1 / 12 mars 2009 / une vingtaine de km

Après un peu de zèle du militaire lao qui nous aurait presque menacés avec son flingue pour qu’on pousse le vélo entre les deux postes frontière au lieu de pédaler, bienvenue dans le monde paranoïde des militaires chinois. Ici, ça ne rigole pas, leur paranoïa se lit dans leurs yeux. Dès mon arrivée, on me tend l’habituelle feuille entrée/sortie à remplir, puis on me confisque mon passeport de longues minutes pour vérification. Entre temps, une famille de cyclotrotteurs (parents et 2 enfants) arrivent et ont le malheur de dépasser d’un petit mètre la ligne rouge peinte sur le sol. Grand malheur ! “Vous devez absolument reculer d’un mètre et poser les vélos derrière”, à l’air de leur dire le militaire, fermement et en chinois bien sûr, langue parlée, comme chacun sait, par l’ensemble de la Terre, voire de l’Univers (idée probablement communément admise par l’ensemble des chinois, vous comprendrez plus tard ;-) ).

Après un petit temps pour comprendre ce qu’il se passe, la famille s’exécute. Quelques instants après, rebelotte avec Bruno, qui avait crevé quelques centaines de mètres avant le poste frontière (j’ai été informé par un des enfants cyclotrotteurs qui me dit tout sérieusement “ton pote, il est crevé”).

Mon passeport est de retour, je peux faire la queue pour le tampon ! Arrive mon tour, le passeport est examiné page par page, à travers la lumière du jour (on ne sait jamais, si je transportais de l’anthrax caché dans une des feuilles …), puis vient au tour de la photo et de ma trombine. Il lui faut bien 2-3 minutes pour me reconnaitre … Apparemment, j’ai minci du visage, ce qui a provoqué autant d’hésitation. Puis viennent les questions, vous êtes de quel pays ? (ah, c’est pas écrit sur le passeport ?) vous allez où ? (au Tibet, tel Don Quichotte, libérer ces pauvres gens oppressés), vous voyagez avec votre vélo ? (non, je l’ai amené pour vous le montrer mais je le laisse à la frontière), etc …

Finalement, aprés 20 bonnes minutes, il me laisse passer. Que c’est risible !

Enfin, nous voilà en Chine ! Et plus particulièrement à Mohan, ville frontière plutôt propre, traversé par un très large boulevard fleuri où s’étale de par et d’autre pas mal de boutiques assez chic. Bien sûr, rien à voir avec les villes du Laos, ici tout est bétonné. C’est l’occasion de dévaliser une banque avant de prendre la route vers l’intérieur du Yunnan. Pour le premier jour, nous avons fait quelques kilomètres à la recherche d’un bon coin pour camper. Ce soir là, ce sera au bord d’un champ de poivrons, un légume qui se marie bien avec le riz et le curry ;-)

Jour 2 / 13 mars 2009 / 48 km

Le lendemain, Bruno semble ne pas trop avoir la pêche, il voudrait se poser à Mengla, à 40 km d’ici. Ce qu’on fait, en parcourant assez rapidement la vieille route 214, sinueuse et vallonnée à souhait. Mengla est une ville assez importante (plus de 10 000 habitants), construite dans le même moule que l’ensemble des villes chinoises : de larges boulevards très propres avec des boutiques, puis, en retrait, des batiments en ruine, du bordel, de la poussière et de la crasse. Mais dans l’ensemble, la circulation est bonne et donc il est agréable de s’y balader à pied ou à vélo.

Je suis trés heureux de cet arrêt car j’ai le plaisir de voir arriver dans l’aprés midi, la famille de cyclotrotteurs avec qui je n’avais pu discuter la veille. En plus, ils logent dans le même hotel que nous ! On papote pas mal et on mange ensemble le soir, super sympa ! Je suis assez admiratif de leur expédition, voyager avec ses enfants ça doit être génial. Ils ont un système qui permet aux enfants de pédaler en toute liberté quand ils ont la forme, puis d’être attaché au vélo d’un des parents quand ça devient rude (et ça l’a été dans le nord du Laos !).

Jour 3 / 14 mars 2009 / 94 km

Un nouveau jour se lève et une nouvelle aventure commence. Bruno souhaite remonter vers Kunming, capitale du Yunnan, pour éviter les hauts cols tibétains alors nous nous séparons. Je reprend mon rythme solo un peu bourrin (Bernard, tu m’a contaminé !) et file droit vers Jinghong. Ici commence les routes de moyenne montagne, aux innombrables lacets, aux longs cols et belles descentes. Je me régale !

Après 80km dans la matinée, toujours sur la vieille route sinueuse, je m’arrête dans un village vraiment pourri et à moitié déserté (comme la majorité de ceux que j’ai rencontré dans le Yunnan malheureusement) pour manger. A part “mi fan” qui veut dire “riz”, je ne sais rien dire d’autres, alors je les laisse improviser. Aujourd’hui ce sera du riz sauté avec des légumes, comme en Asie du Sud Est. La famille qui gère le resto s’assoie avec moi et commence à me parler en chinois. Ils ont très bien compris que je ne pigeais pas un seul mot mais continue, le plus sérieusement du monde. Ok, vous m’en voudrez pas, mais moi, je mange :-)

Champs de maïs

Champs de maïs

la vieille route 214

la vieille route 214

Première vue sur la vallée

Première vue sur la vallée

Seconde vallée passée dans la matinée

Seconde vallée passée dans la matinée

Alors que j’allais partir, c’est l’heure de leur repas et ils insistent pour que je reste avec eux. J’attends donc un peu, on me donne un bol et on me le rempli plusieurs fois malgré mes signes disant que je n’ai plus faim, que mon ventre est bien rempli. Tout est plutôt bon mise à part cette espèce de bouchée où l’enveloppe ressemble à de la bave d’escargot … Curieux :-) Puis vient le tour de la fameuse eau de vie locale, qu’on veut d’abord me servir dans un verre 25 cl. Hé ho, j’ai encore de la route à faire ! Alors ils sortent le petit dés à coudre pour me faire gouter ça, pendant qu’eux l’avalent comme du petit lait. J’apprends à dire “Campé !”, le “à la tienne !” local, qui me sera utile quelques jours plus tard.

Je file avant qu’ils ne soient trop éméchés, en les remerciant chaleureusement. Je camperais une grosse dizaine de kilomètres plus loin, au bord d’un fleuve.

Jour 4 / 15 mars 2009 / 83 km

Comme me l’avait raconté Michel au début de l’aventure, le Yunnan est une province chinoise très variée. Les deux premiers jours, nous avons roulé au milieu de champs de légumes, majoritairement des poivrons, haricots verts et choux, hier aux bords d’immenses bananeraies puis aujourd’hui en plein champs d’ananas ! Les collines sont intégralement sculptées en terrasses, plus ou moins larges, la moindre parcelle est utilisée, le spectacle est plutôt impressionnant. Faut dire qu’il y a quelques bouches à nourrir dans ce pays !

Plantation d'ananas

Plantation d'ananas

Une telle variété de produits se retrouve bien évidemment dans l’assiette. La cuisine chinoise est excellente et bien plus variée qu’en Asie du Sud Est. Il est donc difficile de se faire comprendre dans un resto où tout est écrit en chinois et où personne ne bredouille un seul mot d’anglais. Une seule solution : rentrer en cuisine, montrer les ingrédients que l’on veut et les laisser improviser un plat avec tout ça.

vente d'ananas fraichement cueillis en bord de route

vente d'ananas fraichement cueillis en bord de route

En général, ils vous apportent de délicieuses assiettes, pour à peu prés 12 personnes, puis 1 kg de riz cuit et régalez vous ! Vous me connaissez, je n’aime pas gaspiller la nourriture … alors je me sacrifie et je fini tout !

Les plats cuisinés sont vraiment délicieux, par contre, je trouve que leurs fruits ne sont pas terribles. Dans un pays où l’on cherche constamment à produire vite et beaucoup, je doute que leurs techniques agricoles soient intelligentes et respectueuses de l’environnement, ça se retrouve dans le goût des produits frais. Enfin, vu notre façon de faire en Europe, on n’a pas vraiment de leçon à donner.

Dans les restos, j’ai remarqué que les chinois aiment commander pleins de plats, picorer 2-3 bouchées dedans et en laisser 90% qui finira à la poubelle … Quel gaspillage, ça me fait mal au ventre ! (ou c’est peut être le kilo de riz :p) De même, ils vont se racler la gorge jusqu’au fond de l’estomac pour s’éclairir le gosier (mais ça c’est toute la journée, n’importe où), cracher les os ou nourriture qui ne passe pas par terre, et prendre un malin plaisir à jeter les bouts d’essui-tout usagés, à 1 ou 2 mètres de la poubelle. Probablement une vieille tradition ancestrale transmise de génération en génération et d’ailleurs très largement perpétrée lors de leurs escapades touristiques en Asie du Sud Est (cela m’avait d’ailleurs particulièrement agacé, pour rester poli). Enfin, pour me faire l’honneur de partager leur conversation en chinois, ils parlent à peu prés comme on peut se parler en plein concert de rock. Autant dire que je ne fais pas de vieux os dans ce genre de resto …

A part ça, j’ai facilement rejoins Jinghong, capitale du Xichuangbanna (une région du Yunnan).

Jour 5 / 16 mars 2009

J’y reste une journée pour visiter et me familiariser avec la culture chinoise. Ce sera l’occasion d’observer les ouvriers en plein boulot, chacun sa petite tâche, multiplié par leur nombre et voilà le secret d’une ville qui évolue constamment. Jinghong me laissera un bon souvenir d’une ville propre et bien architecturée, où il est trés simple de s’orienter et de se balader, malgré les nombreux travaux en cours. A vrai dire, jusqu’à Dali, c’est la seule ville qui m’ait plu.

Un pote qui s'éloigne

Un pote qui s'éloigne

Un carrefour de Jinghong

Un carrefour de Jinghong

ouvriers entrain de fabriquer des idéogrammes

ouvriers entrain de fabriquer des idéogrammes

Vendeuse de bouchées

Vendeuse de bouchées

Je découvrirai aussi le côté parfois très violent des chinois envers leur enfant. A Mengla nous avions déjà vu une mère donner plusieurs claques à sa fille jusqu’à ce qu’elle saigne abondamment du nez. Ce soir, j’ai vu un père poursuivre son fils dans les rues, un bambou à la main et lui mettre une raclée à tel point qu’il l’aurait presque tué si sa mère ne s’était pas interposée … Comment peut on être aussi violent avec un enfant ? Quelques jours plus tard, ce sera dans un resto, où quand je ne comprenais pas le montant du repas annoncé par la fille, le père s’est retourné brusquement en gueulant comme un abruti. Ca m’a laissé sans voix …

Aspect un peu plus amusant, les chinois sont de sacrés joueurs. Que ce soit sur des machines ou dans la rue, ils jouent sans cesse, à des jeux de cartes, des jeux de dominos et des sortes d’échecs, Otello, backgammon, etc … Ils ont l’air d’aimer particulièrement un jeu qui ressemble aux dames, avec des idéogrammes chinois sur le dessus des jetons. Quand ils y jouent, à chaque déplacement ils saisissent le jeton et le tape violemment sur la table pour bien indiquer à son adversaire la nouvelle position (Ils font de même quand ils posent une carte sur la table). J’ai aussi l’impression que chez eux, le jeu est forcément associé à l’argent, car sur les tables dans la rue trainent toujours quelques billets.

Partie d'échecs chinois en pleine rue

Partie d'échecs chinois en pleine rue

Le lendemain, je roule une soixantaine de kilomètres jusqu’à Menghai, avant de me poser dans un hotel pour la journée.


Me voici en Chine !

Jeudi 19 mars 2009
Me voici désormais en Chine après 125 jours (et 2 heures de pluie :P ) à parcourir l’Asie du Sud Est. J’aurais finalement fait l’impasse sur le Vietnam pour bien profiter de la Thaïlande, du Cambodge et du Laos. Peu de cyclotrotteurs reviennent de ce pays avec un avis positif (circulation dangereuse, vietnamiens trop commerçants et pas vraiment sympas avec les touristes étant les deux critiques récurrentes), cela m’a sans doute un peu dissuadé pour ce coup ci, mais nul doute que j’y reviendrai me faire ma propre opinion.

Depuis le dernier article, j’ai pu visiter les montagnes du nord ouest de la Thaïlande en attendant Bruno qui devait me rejoindre à Chiang Mai (ville principale du nord de la Thaïlande). J’avais loué un scooter 125 cc le temps d’un week end pour pouvoir en voir un maximum. Dans cette situation, le cyclotrotteur se trouve confronté à deux problèmes : son égo en prend un bon coup et il doit abandonner sa monture à de parfaits inconnus. Pour le second, j’ai pu tout laisser entre de bonnes mains à la guesthouse, pour le premier, il me faudra des décennies pour m’en remettre ;-)

La modestie thai

La modestie thai

Le samedi, je suis donc parti de Chiang Mai en direction de Paï puis Mae Hong Son, une route très scénique et tout autant touristique donc bien aménagée. Je me suis amusé comme un fou sur cette portion très montagneuse (4 ou 5 bons cols), aux innombrables virages (le chiffre est populaire, plus de 2000 il me semble) dans un cadre me rappelant beaucoup les Landes. De grandes forêts de pins, une délicieuse odeur de résine, des aiguilles de pins recouvrant les bas côtés et un air chaud comme en plein mois d’août (cet aprés midi là, il faisait 38°). Je n’aurais pas aimé le faire dans ces conditions à vélo, même à 60-70 en scooter j’avais chaud … D’ailleurs, j’ai croisé un cyclotrotteur qui s’était réfugié à l’abri d’une cabane de paille. Une bien belle journée ! Alors que Paï m’a semblé autant faite pour les touristes que Luang Prabang au Laos, j’ai bien apprécié le calme de Mae Hong Son, avec son marché de nuit au bord d’un lac. J’ai même pu trouver une guesthouse qui donnait sur ce lac. Un havre de paix !
le scooter

le scooter

rizieres assechees en terrasse

rizieres assechees en terrasse

vue d en haut d un col

vue d en haut d un col

 Le lendemain, j’ai reçu un mail de Bruno me disant qu’il arrivait à Chiang Mai ce matin à 9h30. Hum, il est 6h, ça va être dur d’arriver à l’heure en étant à 250 km de là … Pour finir la boucle que j’avais prévue, il me reste 300 km. Peut être un peu long en scooter mais je tente ! Je file à la fraîcheur du petit matin, tout feu tout flamme, seul sur une route qui n’en fini pas de zigzaguer pour mon plus grand plaisir. J’ai choisi d’emprunter de petites routes qui traversent la chaine de montagne, pour voir un peu comment c’est à l’intérieur, hors des endroits touristiques. Je ne serai pas déçu ! Une première portion me mène tout en silence au milieu de minuscules rizières asséchées, perdues dans une belle forêt tout autant en manque d’eau, mais où pousse des arbres aux fleurs blanches et rouges, donnant à l’ensemble la touche colorée qui manquait pour rendre le lieu majestueux. Mes yeux se régalent. Un peu moins un peu plus loin lorsque je découvre ce qui se passe au coeur de ces montagnes. La forêt est dévastée, les collines toutes pelées à perte de vue, parfois encore fumante d’un débroussaillage intensif en plein caniar ou d’un feu accidentel ? Etrangement, la seule chose qu’il reste ce sont les habitations rudimentaires en bois. Cela dure comme ça sur plusieurs kilomètres … La route continue et passe prés du Mont Blanc national, le Doi Inthanon, culminant à 2500m et des poussières. Je le vois d’en bas, un monument semble avoir été construit tout là haut. Une route y mène mais j’ai déjà assez de distance à parcourir aujourd’hui et vu la chaleur qu’il fait, je n’ai pas envie que le scooter me lâche entre les mains. Encore deux heures de route et me voilà de retour à la guesthouse où je retrouve Bruno et tout son barda fraîchement sorti du magasin.

foret devastee

foret devastee

Nous avons roulé une bonne dizaine de jours pour rejoindre la Chine (“vous l’avez fait à pied ?” me disait Bernard :p). Tout d’abord, en passant par l’extrême nord de la Thaïlande où nous avons pu voir le célèbre triangle d’or, ancien grand lieu de culture et traffic d’opium, situé à la frontière entre la Thaïlande, le Laos et la Birmanie, au bord du Mékong. Nous avons ensuite suivi le Mékong jusqu’à Chiang Kong, ville frontière côté Thaïlande où je suis passé il y a un peu moins d’un mois. Dans la ville précédente (Chiang Saen), nous nous sommes renseignés pour prendre un cargo chinois et ainsi éviter un nouveau visa lao. C’était possible mais relativement cher et sans aucune certitude sur la possibilité de faire tamponner nos visas chinois à l’arrivée. Nous avons donc laissé tomber, ce sera pour une prochaine fois.

c est l heure de la baignade !

c est l heure de la baignade !

Le triangle d or

Le triangle d or

premier camping en Thailande

premier camping en Thailande

Une statue plutot surprenante

Une statue plutot surprenante

Arrivés au Laos, nous avons encore eu droit aux facéties des militaires lao dont le flegme ferait pâlir la Corse entière ! Nous donnons les passeports, le militaire les tamponne puis les pose de côté et nous dit qu’il faut patienter dix minutes. Dix minutes plus tard, un collègue le remplace, et cette fois ci, il faut attendre vingt minutes, alors que les passeports sont prêts ! Au lieu de nous énerver, on part faire un tour dans la ville et on revient les chercher deux heures plus tard. On a droit à un “pay fee !” pas vraiment cordial mais nous nous exécutons pour récupérer les passeports (le week end et entre 16h et 18h, il faut payer 1$ pour récupérer les passeports).

Au Laos, je retrouve avec un immense plaisir, les “sabaïdeeeeeee !” à n’en plus finir des enfants le long des routes, à chaque village traversé. J’ai même pu passer un aprés midi à jouer à la pétanque avec un groupe de 5 jeunes lao qui pensaient pouvoir se moquer d’un pauvre touriste égaré. Manque de bol pour eux, j’ai déjà un peu pratiqué ce sport. Après une première victoire 11-2 (oui, ici ils jouent en 11), ils partent en plein milieu de la revanche alors qu’on menait 4-0 … Du coup, je me retrouve à faire un tête à tête avec un adulte du club, déjà bien meilleur. il veut parier une bouteille de bière. Je sens que je vais me faire avoir mais soyons joueur ! Après une partie âprement disputée, il me bat 11-8. Je reste la fin de l’aprés midi à les regarder jouer. Les adultes ont investi les lieux et se débrouillent plutôt bien.

Les enfants lao, si expressifs puis si timides

Les enfants lao, si expressifs puis si timides

 

village lao de bord de route

village lao de bord de route

 

Maison lao
Maison lao
une autre, en bord de riziere

une autre, en bord de riziere

Sans aucune hésitation, le Laos aura été mon pays préféré d’Asie du Sud Est, pour la sympathie des gens et pour la beauté des paysages du Nord. Espérons que cela reste comme ça encore longtemps ! L’axe qui nous mène jusqu’à la frontière chinoise est assez roulant mais de temps en temps bien pentu. Nous gravissons plusieurs longues côtes à 10%, parfois en plein caniar, entre midi et 14h à cause d’une mauvaise gestion du temps … ça ne pardonne pas, on lutte !

Route en cours de reconstruction

Route en cours de reconstruction

Coucher de soleil

Coucher de soleil

 

Notre douche de fortune, au lever du soleil

Notre douche de fortune, au lever du soleil

riz au lait de coco et bananes, ptit dej du tonerre !

riz au lait de coco et bananes, ptit dej du tonerre !

papotage avec un cyclo lao qui rentre chez lui

papotage avec un cyclo lao qui rentre chez lui

Sur la route du Laos

Sur la route du Laos

Durant ce trajet lao-thaï, nous avons encore fait de belles rencontres, notamment avec Kong, cyclotrotteur thaï, qui nous aurait donné tout ce qu’il avait pour la suite de notre périple ! Nous avons passé une belle soirée avec lui à Luang Namtha au Laos alors que nous l’avions croisé deux jours auparavant, entrain de réparer une crevaison en bord de route.
La frontiere chinoise

La frontiere chinoise

Aprés deux jours en Chine, ma collaboration avec Bruno prend fin. Je continue mon chemin vers les hautes montagnes tibétaines (hors région autonome) alors qu’il préfère les éviter et partir vers Kunming. Je pense que c’est bien mieux comme ça. Nous n’avons pas les mêmes attentes du voyage et aucun de nous deux ne veut faire de compromis.

Dans le prochain article je vous raconterai ma traversée du Yunnan, région du sud de la Chine, frontalière avec le Laos, que je m’en vais parcourir pendant une quinzaine de jours, jusqu’à Dali, début des haut cols.

A bientôt !


Moment de détente et de réflexion

Samedi 28 février 2009

Dîtes “voyageur à vélo au Tibet” à un cyclotrotteur, il vous répondra “Fred Ferchaux, bien sûr !”.

Voilà déjà plusieurs mois que je parcours avec grand plaisir son site Internet, simple et sobre mais vraiment très complet pour celui qui veut explorer le Tibet historique (Tibet autonome mais aussi Yunnan, Sichuan, etc …), et ce soir, je viens de tomber sur un texte qui m’a bien plu.

c’est par ici : http://fred.ferchaux.free.fr/pays/voyaj.htm

Outre ses nombreux récits teintés d’humour que je vous conseille de lire, jetez un oeil à la section “Divers”, qui peut faire réfléchir :

http://fred.ferchaux.free.fr/divers/divers.htm

Ou à la section “Humours”, qui peut faire rire :

http://fred.ferchaux.free.fr/pays/visites.htm

Bonne soirée !


Trop de repos, tue le repos …

Lundi 23 février 2009

Jour 104 / 17.02.2009 / Chiang Mai – Lamphun

Ce matin, je pars sans grande motivation vers le sud, pour être vers Mae Sot ce week end et faire un nouveau visa de 15 jours. La route est classique, avec toujours autant de chiens thaï très cons, qui aiment vous courir aprés en aboyant comme s’ils allaient vous bouffer … Aprés 30km, je sens déjà la fatigue, je me pose à Lamphun où, parait il, on peut voir de beaux temples. Le plus imposant a un nom imprononçable, il dispose d’un chedî d’or de plusieurs mètres de hauteur. Effectivement, c’est assez joli, mais il est en cours de restauration.

Aprés un tour à l’office de tourisme local, je trouve l’hotel le moins cher de la ville et y vais prendre une chambre. Tout neuf, trés chic, je suis impressionné par la taille de la chambre ! Il y a même Internet via une prise murale. Manque de bol, aujourd’hui ça ne marche pas, tant pis.

Je reste au frais l’aprés midi puis en soirée je vais faire un tour sur Internet en ville. J’ai reçu un mail de Bruno, il est toujours motivé pour le vélo. Demain je retournerai probablement à Chiang Mai pour lui donner plus d’infos et pour l’attendre pour faire la boucle finalement.

Jour 105 / 18.02.2009 / Lamphun – Chiang Mai

Retour à Chiang Mai en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Tant qu’à faire, je prends une chambre dans une guesthouse qui a le wifi. Dans l’aprés midi, je peux m’occuper d’envoyer des infos à Bruno, regarder ce qu’il pourrait trouver à Bangkok, etc … En gros, je passe la journée sur le net, au frais.

En soirée, je vais faire un tour à mon marché favori, prends quelques brochettes, riz gluant, fruits, etc … J’adore ! Quand je reviens, 2 allemands se sont attablés sur la terrasse devant ma chambre et commence à picoler. Ca durera toute la nuit, à boire et fumer des pétards, rire comme des cons pour rien et surtout foutre le bordel pour les gens qui dorment à côté. Je hais ce genre de gens qui ne respectent rien …

Jour 106 / 19.02.2009 / Chiang Mai

Bouh, ce matin je suis crevé, j’ai trop mal dormi … Je prépare mes affaires mais aprés le p’tit déj je le sens pas. Je reste une journée de plus, alternant sieste et Internet. J’irai quand même vendre mon bouquin de San Antonio et prendre quelques billets supplémentaire, mais c’est tout.

Le soir, traditionnel tour au marché. Ce coup ci, je mange des pad thaï directement sur place. J’adore aussi les voir cuisiner dans leurs grands woks. Ils ont des assiettes remplies de pleins de bonnes choses, qu’ils jettent à une vitesse folle dans le wok. Un régal pour les yeux et les papilles !

Ce soir pas d’allemands mais … des allemandes. Bon, c’est toujours plus sympa des voix féminines, mais en rentrant tard dans la nuit, elles se sont pas géné pour foutre le bordel elles aussi. Mais qu’est ce qu’on leur apprend chez eux ? Ils sont pas au courant que dans une guesthouse on dort ? Qu’ils foutent le bordel toute la nuit ok, mais pas ici, dehors !

Jour 107 / 20.02.2009 / Chiang Mai – Wiang Pa Pao

Toujours dur de partir et de se lever à 5h30 … Mais contraint par mon visa qui expire dans 2 jours, je me dois de me bouger ! Déjeuner pantagruellique (l’excellent Muesli-fruits-yahourt et un bon sandwich à l’omelette avec un café), je fais mes sacoches et arrive à décoller à 7h15. Quelques emplettes pour la route (eau, biscuits) et c’est parti ! Le début est chiant (chiang ?), je dois quitter Chiang Mai par la voie rapide 3×3, mais peu à peu elle devient un peu moins importante.

Ces trop nombreux jours de repos ont mis à mal mon envie de rouler et donc mes capacités. Il fait chaud dès 9h, et visant Chiang Rai, à 183km, objectif pratiquement inatteignable en une journée, je me fais mal au moral. Puis comme d’hab, le Rémy qui veut découvrir raisonne le Rémy flegmatique, qui se sent bien à Chiang Mai, qui aurait bien pris un bus pour aller jusqu’à la frontière.

Aprés 25 km, voilà le début des bosses. Petites montées qui font mal aux pattes, et descentes très courtes forment un terrain de jeu sadique. Le goudron abondant de ces grands axes rayonne de toute la chaleur accumulée et vient m’agresser … Dans une côte, déjà rendu difficile par son pourcentage et par une de ses voies barrées pour cause de remise en état, je sens l’arrière du vélo qui tangue ! Hum, j’ai du mal à voir d’où ça vient jusqu’à ce que j’apercoive la roue arrière à plat. Pied à terre, dans le goudron frais (beurk !), je traverse la voie aujourd’hui à double sens, pour me poser à l’ombre sur le bas côté. Démontage en règle, en grignotant quelques biscuits, remontage, regonflage, et pfffffouuuuu ! Seconde crevaison ! Cette fois ci, la valve à l’air d’avoir un souci … Je laisse cette chambre à air de côté et utilise la seconde. Cette fois ci et la bonne ! Entre temps, un mec de la DDE Thaï vient taper la causette pendant que ces collègues se tuent à la tâche sous le caniar. La Thaïlande à beau être assez modernisée, faut voir les moyens pour refaire les routes ! 2 types dans la benne d’un camion, à balancer du gravier avec une pelle sur le goudron tout frais.

Je continue la route jusqu’à un resto chic mais qui sera mon refuge pendant une partie des heures chaudes. J’y mange bien, je papote avec le patron qui m’apprend que le visa birman coute 40 bath. Je lui dit en rigolant : “40 bath pour un thaï, 500 bath pour un farang”. A part ça, la seule chose qu’il trouve à me dire sur le Myanmar c’est que ça vaut le coup pour faire du shopping, c’est pas cher … Soit.

J’en ai marre de poireauter, j’ai envie d’en finir avec cette succession de bosses et atteindre ce foutu col. Une fois franchi, la route devrait s’aplanir et être plus facile, même sous 34 degrés. Je repars donc à 12h30, sous un bon caniar, montant tout doucement mais vaillamment jusqu’au col, puis bascule dans une belle descente comme on les aime !

Vu l’heure, impensable d’arriver à Chiang Rai ce soir. Je me fixe comme objectif, Wiang Pa Pao, à 40km. J’aurais fait un peu plus de la moitié du chemin, et demain ce ne sera que du plat, facilement avalé dans la matinée.

Ca roule bien, je me permet même une bonne pause d’une heure dans un abri-temple. Ils m’ont bien manqué au Cambodge et au Laos ! Je trouve facilement une guesthouse à Wiang Pa Pao. Une bonne douche (aie les fesses en feu … mauvais réglage de selle), une bonne sieste, un bon repas et voilà ! La soirée sera courte, la journée a été bien remplie.

Jour 108 / 21.02.2009 / Wiang Pa Pao – Chiang Rai

Improvisation au p’tit déj, café au lait de coco ! Pas mauvais, surtout quand on a que ça … Je pars rapidement de la guesthouse pour une étape qui me semble de tout repos, le plus dur a été fait hier. Je prends donc le temps de m’arrêter pour un vrai déjeuner dans un boui-boui puis j’attaque cette longue ligne droite toute plate, qui devrait m’amener en un éclair à Chiang Rai.

Erreur ! D’une part ce n’est pas tout droit et d’autre part, c’est bosselé ! Enfin, tant mieux, c’est plus agréable. Je roule à un bon rythme, mais pas grand chose à voir sur cet axe principal du Nord à part beaucoup de voitures. Les 20 derniers km sont difficiles, j’ai les fesses en feu … J’arrive quand même à Chiang Rai où je m’installe pour quelques jours avant de repartir vers le Sud.

Jour 109 / 22.02.2009 / Chiang Rai

Visite de Chiang Rai au petit matin (à 7h), rien de tel pour commencer la journée. Armé du plan récupéré hier au TAT (Tourism Authority of Thailand), j’arpente les rues à la découverte de quelques édifices, somme toute trés classiques mais toujours aussi soignés, pour aboutir au Wat Kaew, LE temple de Chiang Rai. Effectivement, il est plutot original. Plusieurs batiments sont réalisés en bois foncé toujours aussi bien sculpté. L’un d’eux abritent un bouddha d’émeraude. Ca change de tout ces bouddhas dorés !

En quittant le temple, telle l’agence tout-risque, une horde de touristes chinois, armés jusqu’aux dents (Nikkon ou Canon minimum !), débarque en minivan (le même que dans la série avec Baracuda :p). Dés cet instant, ça rigole plus. Le temps s’arrête, les chinois courrent dans tous les sens à la recherche des bons spots pour poser, font des dizaines de clichés, sautent dans le minibus et filent à tout allure vers la prochaine cible. Tout ça en moins de dix minutes, du vrai travail de pro ! Impressionnant !

Tout ça m’a donné le tourni, je fais une halte dans un boui-boui où l’on peut choisir à travers une vitrine, le plat en sauce qui va accompagner l’assiette de riz. Dose asiatique, juste de quoi se caler une dent creuse, mais toujours trés bon. J’y reviendrai ! (qui a dit dans cinq minutes ?!). Aprés midi tranquille, au frais, dans un café, à fureter sur le net pour préparer la suite du périple, en attendant l’arrivée de Bruno.

Jour 110 / 23.02.2009 / Chiang Rai

Aprés moultes hésitations sur le moyen de locomotion, je monte dans un bus local (comprenez, rustique :p) en direction de Mae Sai, à 60km. Le trajet ne dure qu’une heure et demie et me voici aux portes du Myanmar, nouveau nom de la Birmanie. Je pensais pouvoir gratter un jour en arrivant en début de matinée (9h) le lendemain de l’expiration du visa mais que nenni ! J’ai beau expliquer à la militaire que je voyage à vélo, que 15 jours c’est juste et qu’il n’est que 9h du mat’, elle s’en fout royalement ! Je dois aligner un bifton de 500 Bath (un peu plus de 10€) sinon je ne passe pas ! Elle me le fais bien comprendre en posant mon passeport dans un coin, en attente. Un peu excédé, je lui jette le billet sur son comptoir et elle ne le prends pas très bien … Enfin, elle tamponne quand même ce foutu passeport.

Je traverse le pont (qu’on appelle souvent “de l’amitié” en Asie, je me demande pourquoi …) pour me retrouver chez les militaires birmans.  Le premier me fait signe de passer derrière le rideau barrant l’entrée de l’officine. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce ne sont pas des rigolos. Tous tirent une gueule de dix pieds de long (au moins !) mais me tamponnent eux aussi gentillement le passeport en échange d’un joli billet de 10$. Me sentant tout d’un coup plus léger (enfin, surtout mon porte monnaie), je jette un rapide coup d’oeil à Tachilek (ville côté birman), qui est un marché à ciel ouvert où, parait-il, on fait de bonnes affaires, puis je regagne la Thaïlande pour 15 jours de plus, gracieusement offert.

Difficile de pouvoir visiter le Myanmar … Ce point frontière ne permet d’y rester qu’une seule journée, sans pouvoir s’éloigner de Tachilek autrement que par un tour organisé avec guides et multiples checkpoint en tout genre. Je ne sais pas s’il existe pire pays en terme de surveillance et de parano que ce pays … Michel, trikeur émérite rencontré à Phimai au début de l’aventure, s’y trouve actuellement (allez jeter un oeil sur son blog pour un avis de l’intérieur).

Pour le retour, on change pas une équipe qui gagne, je reprends le bus pour Chiang Rai. L’aprés midi sera consacrée à quelques bricoles (recoudre les cuissards, démonter et nettoyer le réchaud, manger un p’tit bout, etc …) puis encore et toujours à la recherche d’infos sur le chemin du retour (surtout sur le Kazakhstan et la Russie).

Ce coup ci, fini le repos, faut y aller ! Demain, j’entame une redescente vers Chiang Mai qui devrai durer une petite dizaine de jours, en passant le long de la frontière birmane. J’y retrouverai Bruno, équipé comme un pro, prés à faire face aux cols de plus de 4000m du Yunnan puis du Sichuan !


Retour sur le matériel

Lundi 16 février 2009

Aprés 3 mois de voyage, voici mes avis sur le matériel que je trimballe, bon, moins bon, c’est ici que ça se passe !

Le dodo

  • La tente

Avant de partir, j’avais investi dans une Makalu 4000, tente tunnel 3 places, avec une grande abside pour cuisiner à l’abri, voire mettre le vélo dessous pour la nuit, et un double toit qui se monte en premier. Malheureusement, je n’ai pas pu l’amener à cause de la franchise de poids de la compagnie aérienne (cela m’aurait couté plus cher que la tente …). Du coup, à Bangkok, j’ai acheté une North Face 2 places, dôme, avec 2 minuscules absides de chaque côté qui me semble peu utiles mais c’est la seule correcte que j’ai trouvé …

Aprés quelques nuits de camping sauvage, je ne regrette pas cette tente ! La Makalu aurait été trop encombrante, difficile de trouver un emplacement propre et plat de cette taille. D’autre part, elle n’était pas autoportante (“autoportante” signifie qu’elle n’a pas besoin d’être arrimée au sol pour garder sa structure) contrairement à la North Face, hors cela me semble primordial ! Plusieurs fois je n’ai pas pu planter les sardines à cause d’une terre trop dure. Bien sûr, on y arrive toujours en utilisant un marteau de fortune (gros caillou, bout de bois, etc …), mais ça peut être bien galère …

Cette tente North Face n’est pas non plus la panacée, le double toit se monte après la moustiquaire. Mais on monte rarement la tente sous la pluie, et quand ça arrive, on trouve une astuce (une station service à côté d’un champ par exemple ;-) ). De plus, à part un poids 2 fois moindre, je ne vois pas bien la différence avec ma T2 décathlon, que j’ai payé 10 fois moins et qui a déjà résisté au vent violent et à la pluie … (à part peut être la différence de salaire de la main d’œuvre asiatique et donc des coûts de production …).

Mon avis : Privilégiez une tente discrète et autoportante, laissez tomber l’idée de mettre le vélo à l’abri, il dormira très bien accroché à un arbre. Si vous trouvez en plus une tente où le double toit se monte en premier, vous êtes les rois du monde ! Aprés, cela vaut-il le coup de mettre des centaines d’euros dedans ? Bonne question !

  • Le sac de couchage

Le mien est un S5 light de Décathlon. J’en suis pour l’instant satisfait même si j’ai bien peur que ce soit un peu juste pour les mois à venir. Par contre, je le trouve trop encombrant, il ne rentre pas dans les sacoches, ce qui est fort dommage. A Chiang Mai, j’ai acheté un sac cylindrique de 20L en plastique (du même genre que les sacoches), étanche, pour remplacer ma poche plastique qui commence à se trouer … Il viendra se poser sur le porte bagage arrière et contiendra le sac de couchage et 2-3 bricoles facilement accessibles (coupe vent, polaire, etc …).

Mon avis : Tout dépend de la limite de température que vous vous fixez pour dormir dehors. Je pense qu’investir dans un bon duvet avec une température de confort de -10°, si possible compact, n’est pas forcément un luxe. Avec une température de confort supérieure, il vous faudra probablement passer quelques nuits froides et vous habiller chaudement. Une température de confort inférieure me semble réservée à des expéditions plus extrêmes. Quand on voyage à vélo et qu’il fait -25° la nuit, on essai de dormir à l’abri, non ?

La cuisine

  • Le réchaud

Avant de partir, j’ai investi dans un Primus multifuel (essence en tout genre, gaz) et une bouteille de carburant d’un litre. Pour l’instant, j’en suis pleinement satisfait. Il fonctionne à merveille et a une bonne autonomie (que je ne sais pas vraiment quantifier vu que je ne l’utilise pas tous les jours …). Surtout, laissez tomber les réchauds gaz pour un voyage hors Europe, vous allez galérer pour trouver des recharges, notamment en Asie où je n’en ai pas vu une seule !

Mon avis : Pour un voyage en Europe, un réchaud gaz (beaucoup plus compact) suffit. Privilégiez un réchaud compatible avec un maximum de bouteille à un réchaud camping gaz qui ne fonctionne qu’avec des recharges … camping gaz. Parfois, c’est galère à trouver ! (Au Danemark, par exemple).

Pour un voyage hors Europe, optez plutôt pour un multicombustible mais qui permet aussi d’utiliser le gaz, on sait jamais. Pour la bouteille, je ne vois pas trop l’intérêt de se limiter à 650ml quand on peut avoir 1L pour à peu prés le même prix. Ca vous offrira toujours un peu plus d’autonomie et vous apprécierez peut être le surplus d’essence qui vous permettra de faire un bon thé chaud au milieu de la neige, par -20° :D

  • La popote

Je suis parti avec une popote deux personnes qui nous a bien servie  lorsqu’on était plusieurs mais qui est plutôt grande pour une seule personne (sauf pour faire un repas complet le soir). Au Cambodge, j’ai acheté un mug métallique d’à peu prés un demi-litre je dirais et qui me sert bien plus lorsque je suis seul. Je peux le poser directement sur le réchaud sans aucun problème, et dans les guesthouses, je l’utilise avec un plongeur acheté pour une demi bouchée de pain au marché de Ventiane (une résistance au bout d’une prise). Quelques soit la situation (bivouac ou guesthouse), je peux rapidement faire chauffer de l’eau pour préparer un thé ou des nouilles instantanées. Très pratique pour le matin et la pause du midi !
Laissez tomber les semblants de tasse en plastique fournies généralement avec les popotes. On n’y met rien dedans et elle ne vont pas sur le feu bien évidemment…

  • Les ustensiles

Mes ustensiles se limitent à un bon couteau qui coupe (Opinel) et une cuillère. J’ai aussi une éponge pour faire la vaisselle et c’est tout.

Le vélo

Avoir un vélo solide, bien réglé à sa taille, avec des pièces standards et qu’on sait à peu prés réparer est un pré requis assez évident à mes yeux. On peut toujours partir avec un vélo acheté 10€ d’occasion sur un marché, mais on risque pas mal de galères et parfois beaucoup de frais et d’emmerdements pour pas grand chose. Mais chacun fait comme il le sent !

  • Le cadre

Pour le débat cadre acier/alu, je suis de plus en plus sceptique sur les arguments en faveur de l’acier, surtout depuis que ma tige de selle s’est retrouvée soudée à l’intérieur du cadre à cause de l’oxydation de l’acier … Pour ce vélo, j’ai bataillé pour trouver un cadre acier à ma taille, et je l’ai payé le prix fort. Pour un prochain vélo, je me prendrai beaucoup moins la tête, ce sera un cadre alu. Faut arrêter de croire qu’on casse un cadre tous les quatre matins ! Et quand ça arrive, que ce soit acier ou alu, on est rarement devant un atelier de soudure …

  • Fourche suspendue ou pas ?

Vaste débat là aussi. Si c’est pour ne faire que de la route goudronnée, une fourche rigide suffit bien évidemment, mais pour certains pays, l’intérêt est minime voire nul. Par exemple, traverser le Cambodge sur les routes goudronnées qui ne sont que ce qu’on appelle des “nationales” n’a pas grand intérêt, c’est même un peu dangereux à la longue. Et ne parlons pas des pays comme la Mongolie …

Quand on commence à s’aventurer sur des sentiers de forêt ou même de larges pistes de latérite, la fourche suspendue montre tous ses avantages, notamment sur la tôle ondulée :p

Mon avis : une fourche suspendue qui peut être bloquée est vraiment l’idéal pour voyager partout. Sur la route, n’aurait pas de perte d’énergie (si minime soit-elle), et sur les chemins accidentés, vous vous ferez plaisir !

  • Chaîne de rechange

Comme tout novice, j’ai apporté une belle chaîne de rechange avec moi, faisant fit des conseils de cyclistes expérimentés m’indiquant que quand on change de chaîne, on change aussi de cassette (la cassette est l’ensemble des pignons). Seulement, quand on change la chaîne cassée après quelques milliers de kilomètres, et que la chaîne neuve saute sans arrêt, on se dit que ces conseils n’étaient pas si bête que ça !

Ce qu’il faut savoir c’est que cassette, chaîne, et plateaux, s’usent ensemble, pour former un ensemble homogène. Lorsque vous mettez une chaîne neuve, elle n’a évidemment pas l’usure nécessaire pour épouser les dents usées des pignons de la cassette (voire des plateaux), et donc, ça saute … et ce n’est pas bien agréable ! Une astuce pour éviter ça : permuter de chaîne tous les 1000km histoire d’user à peu prés de la même manière les deux chaînes et ainsi espérer faire 2 fois plus de kilomètres avec la même cassette (les plateaux s’usent moins vite apparemment).

Pour ça, j’ai de la chance, j’ai inversé les chaînes au bout de 6000 km, la neuve ne saute pratiquement pas. Mais c’était juste …

  • Les garde-boue

Encore une fois, comme tout novice, je suis parti avec 2 beaux gardes-boue, qui portent bien leur nom d’ailleurs :p Pour les routes de Thaïlande, aucun problème mais il n’y a pas plu donc peu d’intérêt. Au Cambodge, il suffit de traverser une rivière et la terre vient se coller partout, venant constamment frotter contre le garde-boue … Les garde -boue c’est bien pour protéger des éclaboussures quand il pleut, mais uniquement sur une belle route goudronnée, parce que sinon, tout vient se coller sur les roues et le garde-boue, et vous galérez bien plus que sans garde-boue. Donc dans la pratique, ils sont rarement utiles … tout du moins l’arrière, car l’avant est en général plus haut.

Mon avis : laissez tomber le garde-boue arrière, grande source d’emmerdements, mais prenez quand même un garde-boue avant, sauf si vous aimez les tâches de rousseurs artificielles ;-)

  • Les porte-bagages

Après quelques milliers de kilomètres, le frottement des sacoches a fait sauté la peinture des porte-bagages. Prenant exemple sur le vélo de Bernard, j’ai recouvert mes porte bagages de scotch tressé solide. Les sacoches s’abimeront moins.

  • L’éclairage

Comme je ne roule pas la nuit, mais que ça peut toujours arriver, j’utilise ma frontale pour voir mais surtout être vu. Elle n’est pas assez puissante pour être à l’aise mais c’est mieux que rien. A mon avis, l’idéal est d’avoir une frontale avec deux modes : un puissant pour rouler, un économe pour le bivouac. Ainsi, vous économisez l’achat d’un système d’éclairage pour le vélo (sauf si vous pensez rouler souvent de nuit bien sûr) et vous êtes bien équipé pour le bivouac.

Dans la mesure du possible, il faut privilégier les objets ayant plusieurs utilités, vous vous allègerez considérablement !

  • Les sacoches

J’ai 2 jeux de sacoches Ortlieb, un arrière, un avant. Les arrières sont beaucoup plus solides. C’est mon troisième voyage avec, pas un seul souci. Pour les avants, c’est le premier voyage et une est déjà trouée … Cela vient de l’espèce de tissu qui remplace la toile plastique par endroit et qui est beaucoup plus fragile. Faut dire aussi, qu’étant plus basses, elles sont plus exposées aux chocs avec des obstacles (rochers, branchages, troncs d’arbres mal coupés, etc …).

Si c’était à refaire, peut être remplacerai-je mes 2 sacoches avant par une grosse sacoche de guidon étanche, solide et suffisamment rigide pour rester droite sans pendouiller dans les câbles (pas comme la décathlon que j’ai chez moi … :p). Elle serait moins exposée aux obstacles, plus facilement accessible que des “rollers” (sacoche dont la fermeture se roule) et avec un bon sac étanche à l’arrière, à mettre en travers des sacoches, je pense que cela donnerait suffisamment de place pour transporter toutes ses affaires, y compris quand il fait un peu plus froid qu’en Asie du Sud-Est.

Pour ne faire que de la route dégagée, les sacoches avant me donnent entière satisfaction, mais quand les chemins sont un peu plus obstrués, envahis d’ornières ou de sables, elles tapent pas mal partout ou enfoncent le vélo et cela devient rapidement un inconvénient.

Une astuce de Bernard pour les sacoches : renforcer leur fixation avec un tendeur (sandow) autour de chacune d’elles et du porte-bagages. Avec ça, vous pouvez faire le fou sur des chemins défoncés, elles ne bougeront pas d’un poil. Sans ça, elles iront voir d’un peu plus près les broussailles. C’est qu’elles veulent voir du pays elles aussi !

Les infos

J’étais parti avec le guide du routard de Thaïlande et un guide Nelles, plus orienté “Histoire & Culture”. Au Cambodge, j’ai acheté une copie du Lonely Planet (peut-on trouver un vrai ? Bonne question :p). Bien sûr, ces guides permettent de s’informer sur le pays grâce à leurs pages culture, histoire, gastronomie, etc … et à trouver bien plus facilement les sites touristiques “à ne pas manquer !” ou les guesthouses “qui font un super chocolat chaud !” mais à vélo, on fait tout aussi bien sans.

Pour les infos culturelles, on trouve tout sur Internet. Pour les guesthouses, restaurants et autres curiosités, il suffit de demander aux gens, de se fier à son instinct. Ca pimente un peu l’aventure ! Parfois on tombe sur une super guesthouse dont on se félicite, parfois c’est une cage à poules toute miteuse, mais c’est NOTRE choix ! Et dans les 2 cas, cela laisse un bon souvenir … aprés coup ;-) Comme me le disait un cyclotrotteur américain d’une soixantaine d’années, avec un guide touristique, il a l’impression de vivre les vacances d’un autre. Quand il a commencé à voyager, tout ça n’existait pas, c’était bien plus magique. Maintenant, je le comprends mieux.

Pour les cartes, en général on trouve tout ce qu’il faut dans les grandes villes. Je n’ai eu aucun souci pour trouver de bonnes cartes de la Thailande, Cambodge, Laos, Vietnam à Bangkok. J’ai un peu plus lutté pour des cartes de la Chine, que j’ai finalement trouvé à Chiang Mai (elles sont aussi à Bangkok mais je ne m’étais pas projeté aussi loin :p).

Quand j’ai voyagé avec Bernard au Cambodge, il avait un GPS. Je dois dire que j’ai trouvé ça bien pratique pour sortir des sentiers battus. C’est à mon avis un bon investissement, on peut trimballer toutes les cartes de son périple sur de petites cartes mémoire (micro SD par exemple), mémoriser les routes empruntées, sortir des sentiers battus et se “perdre”, avoir des informations complémentaires comme l’altitude, la vitesse (ce qui dispense d’avoir un compteur), pouvoir enregistrer des points d’intérêts pour les prochains voyages ou pour d’autres voyageurs (par exemple, les ravitaillements en eau et en nourriture pour les routes désertes, etc …). Bien sûr, qui dit GPS dit source d’énergie, donc il faut prévoir suffisamment de bonne piles rechargeables pour être autonome.

L’électronique

  • Piles & Chargeur

Qui dit appareils électroniques, dit inévitablement piles rechargeables et donc chargeur de piles. Privilégiez des piles de grandes capacités (au moins du 2500 mAh) avec un chargeur puissant, cela vous permettra de tout recharger en une soirée ou une nuit et d’être encore plus autonome (surtout si vous embarquez pas mal d’électronique).

  • Panneau solaire

Je suis parti avec un panneau solaire de 6W, gentillement offert par mes collègues de Bordeaux. Manque de bol, malgré le splendide soleil thaï, je n’ai pas pu recharger la moindre pile, même aprés 4 jours de charge. Je pense que tout fonctionne bien, sauf qu’il manque un petit circuit avec une diode anti-retour, empêchant les piles de se décharger dans le panneau lorsque l’ensoleillement n’est pas suffisant. Difficile à réaliser en voyage, surtout pour un nul en électronique comme moi :p Du coup, le panneau va regagner plus vite que prévu la France, en attendant de peaufiner un système qui me permettra de l’utiliser pour de prochains voyages. Nul doute que dans les pays à fort ensoleillement, ce genre de panneau est utile pour entretenir la charge des piles, surtout pour ceux qui recherchent la plus grande autonomie possible. Mais cela ne fonctionne pas si facilement, il faut quand même réfléchir un peu à la question avant de partir, ce que je n’ai pas fait :p

  • EEEPC et autres mini portables, appelés aussi “netbook”

Encore un gadget diront certains ! Avant on voyageait avec une gourde et un canif, diront les autres :-) Bien sûr, ce genre d’outil n’est pas indispensable pour voyager, mais quand on y regarde de plus près, il apporte pas mal d’avantages pour celui qui aime faire des photos et tenir un blog et/ou un carnet de voyage à jour.

Quand on fait des photos, il faut pouvoir les sauvegarder quelques part pour pouvoir en prendre d’autres quand la carte mémoire est pleine (je ne parle même pas des pellicules pour ceux qui sont resté à l’argentique :p). On peut bien sûr se trimballer tout un tas de cartes et en faire des copies pour tout avoir en double, ou bien graver des DVD, les envoyer chez soi, et faire le ménage une fois le précieux objet en lieu sûr. On peut aussi utiliser un netbook pour archiver tout ça, faire du tri, renommer, etc … et faire une copie de sauvegarde sur quelques cartes grande capacité (on peut même utiliser un outil qui va réaliser un mirroir du répertoire photo du netbook vers un média de stockage amovible).

Idem pour les carnets de voyage. Je suis le premier à dire que rien ne vaut l’écriture avec un bon vieux stylo, le soir sous la tente, mais quand on voyage plusieurs mois/années, il faut, soit se limiter au maximum en nombre de lettres utilisées, soit se trimballer tout un tas de cahiers remplis de précieux textes, pour qui chaque goutte d’eau qui tombe ou chaque rivière à traverser nous fait craindre le pire :p Avec un netbook, on tape tout ça, on fait une copie sur carte mémoire et par mail, et on est sûr de tout retrouver.

Pour ce qui est de la gestion d’un blog, un netbook permet de préparer ses textes et photos tranquillou le soir et de les mettre en ligne en utilisant un spot wifi (de plus en plus nombreux, parfois même dans les hébergements) ou au pire, passer quelques minutes dans un cybercafé. Fini les longues heures à saisir et mettre en forme ces articles, au milieu d’une belle aprés midi ensoleillée ;-)

J’ai longtemps hésité avant de craquer pour un eeepc, principalement de peur qu’il ne soit pas suffisamment solide. Puis j’ai rencontré un cyclotrotteur qui l’a trimballé sur les pistes poussiéreuses du Cambodge sans aucun souci (et pourtant, cette satanée poussière s’infiltre vraiment partout !) et pas mal de voyageurs l’utilisent avec beaucoup de satisfactions. On verra bien ce que ça donne !

Voilà pour un premier jet. Si vous avez des questions, des remarques, n’hésitez pas à mettre des commentaires, j’essaierai de maintenir à jour cet article avec de nouveaux avis, au fur et à mesure de mes pérégrinations. Et ne prenez pas tout pour argent comptant, rien ne vaut de se faire sa propre opinion avant de partir ;-)


P’tite semaine à Chiang Mai

Dimanche 15 février 2009

Me voici à Chiang Mai dans le nord de la Thaïlande, aprés 2 jours de bus (un premier pour rejoindre la frontière lao-thaï, un second pour arriver à Chiang Mai), n’ayant qu’un visa de 15 jours à cause de la nouvelle loi de début décembre … Pour rester plus longtemps, il faut soit arriver par avion et on a droit gratuitement à 30 jours, soit payer un visa tourisme de 60 jours. Comme ni l’une ni l’autre des solutions ne me conviennent, je préfère prendre un bus et revenir à la frontière à vélo.

La semaine commence par un entretien complet du vélo. Depuis quelques temps, les roulements des pédales font du bruit, la tige de selle est bloquée à la mauvaise hauteur, la selle est de plus en plus abîmée, les cables coulissent difficilement dans leur gaine, il est grand temps de réparer tout ça ! Comme Bernard m’a conseillé le chiatawat bikeshop, géré par une famille lao, j’y file ni une ni deux. Effectivement, ils sont super gentils et donc surchargés de travail (c’est ça la popularité !). Le patron me conseille un autre bikeshop mais là bas ils ne comprennent rien du tout et j’ai peur que le vélo soit saccagé, alors je préfère tout faire moi même. De toute façon, j’ai le temps :-)

Je démonte pratiquement tous les composants du vélo (seul le pédalier et la potence reste :p), les nettoie un par un dans la salle de bain (en mettant du camboui partout :p Mais du coup, aprés nettoyage, j’ai une salle de bain flambant neuve !) et fait l’inventaire des pièces à changer. J’achète tout ce qu’il faut au Chiatawat bikeshop et c’est parti pour une journée de remontage / réglage ! A la fin, tout marche du feu de dieu mise à part la tige de selle qui est vraiment bloquée. Grâce à 2 mécanos thaï, j’arriverai quand même à la changer (cf. article “Déjà 100 jours !”).

Démontage

Démontage

Tige de selle

Tige de selle

On dirait qu'elle a morflé

On dirait qu'elle a morflé

Fixation de la tige de selle bien usée

Fixation de la tige de selle bien usée

Cette semaine de repos à Chiang Mai sera aussi l’occasion de manger de bonnes petites choses (avec parcimonie, mais comme elle n’avait pas faim, j’ai dû manger pour deux :p) et de finalement craquer pour un eeepc, aprés deux mois de réflexion (on ne se refait pas …). C’est un tout petit portable avec un écran de 9 pouces, qui ne pèse qu’un kilo, avec disque dur de 20Go en mémoire flash et 6h d’autonomie. J’ai rencontré plusieurs voyageurs (certains à vélo) qui l’utilisaient avec beaucoup de satisfaction notamment sur la solidité. Il me permettra de saisir mes carnets de voyage et donc de les sauvegarder en lieu sûr plus facilement, de préparer les articles du blog, de trier et traiter les photos mais aussi de lire des bouquins électroniques (on en trouve énormément sur le net), d’avoir facilement accés aux infos dont j’ai besoin pour préparer la suite du périple, etc … Entre ce que me coûte les cybercafés et l’échange de bouquins en français (un vrai commerce en Asie !), je l’aurai amorti d’ici la fin de l’année !

Voilà la bête !

Voilà la bête !

“Et les visites dans tout cela !”, allez vous me dire ! J’ai parcouru pas mal Chiang Mai à vélo et à pied, c’est une ville assez agréable malgré sa taille (deuxième ville de Thaïlande quand même !), avec un beau marché de nuit le week end et comme toute ville asiatique, de nombreux temples étincelants au coucher du soleil. Mais comme d’habitude, je n’arrive pas à faire de photos d’une ville, aucune inspiration ne me vient. Ce matin, je me suis quand même amusé un peu avec une fleur. Vu comme ça, la ville est tout de suite beaucoup plus belle ;-)

P'tite fleur esseulée dans la jungle urbaine

P'tite fleur esseulée dans la jungle urbaine

encore elle

encore elle

Et toujours elle !

Et toujours elle !

Un des nombreux temples de Chiang Mai

Un des nombreux temples de Chiang Mai

Encore une fleur !

Encore une fleur !

Un moine qui fait son marché (étrange ...)

Un moine qui fait son marché (étrange ...)

Il ne me reste plus qu’une semaine de visa, je vais donc remonter assez rapidement vers le Nord sans pouvoir faire la boucle Chiang Mai – Mae Sariang – Mae Hong Son – Paï – Mae Taeng que j’aurais bien aimé faire. Ce sera pour un prochain voyage d’un ou deux mois, il y a un bel itinéraire à suivre en partant de Bangkok vers le parc d’Erawan puis remonter le long de la frontière birmane jusqu’à la jonction avec cette boucle. Paysages sauvages et ascensions de folie garantis !

S’en suivront quelques jours au Laos pour remonter vers Boten (la frontière lao-chinoise) puis quelques mois en Chine !


Déjà 100 jours !

Samedi 14 février 2009

Voilà déjà 100 jours que j’ai quitté famille et amis (et non femme et enfants) pour entamer ce fantastique périple à travers l’Asie. Pour l’occasion, je me devais d’écrire un article pour le blog.

Coincidence heureuse ou pur hasard, aujourd’hui un miracle s’est produit. Aprés avoir lutter de longs moments dans 3 magasins de vélo pour extraire cette foutue tige de selle à grands coups de marteau, de dégrippant, d’huile de coude, j’ai trouvé mes sauveurs. Ce matin, je suis allé demander l’avis d’un 4ème magasin, Chiatawat bikeshop, où j’ai acheté les pièces de rechange mais où ils avaient beaucoup trop de travail pour s’occuper de ma monture. Le patron, un homme aussi agé que sympathique, me conseille d’aller plutôt dans un mecanic shop bien équipé et habitué à travailler le fer, ils sauront quoi faire. Il rajoute une nouvelle croix sur mon plan de Chiang Mai et me voilà en route vers ma dernière chance.

Aprés quelques hésitations je trouve ce fameux atelier, un peu à l’écart de la route. Quelques mimiques et bruitages pour expliquer mon problème et les voilà au travail ! Première tentative : la pince étau à rallonge. La tige morfle mais rien ne bouge. Je me vois déjà repartir avec une tige vrillée en équerre, trés efficace pour faire rigoler les passants, moins pour rouler. Deuxième idée : le dégrippant et le marteau. Ils tapent comme des fous (en ayant pris soin de tout protéger quand même, ils sont trés précautionneux) pendant un bon quart d’heure, cela ne bouge même pas d’un dixième de millimètre … Hallucinant ! Le patron se pointe et me fait signe que ce n’est pas possible. C’est sans compter la perséverance de 2 employés qui passent aux choses sérieuses. Ils coincent le vélo à l’étau et continue de taper avec le marteau puis à faire tourner le cadre autour de la tige, coincée à l’étau. Rien ne bouge … mais aprés quelques minutes de lutte acharnée, un léger grincement se fait entendre ! On se met à 4 pour faire tourner le cadre, de nouveaux grincements ! Ca y est, la tige est montée de quelques millimètres aprés 1h ! On secoue comme des mules sentant que la partie est bientôt gagnée ! Aprés 10 longues minutes d’efforts intense, la tige tombe ! Tout les employés, acteurs ou spectateurs, poussent des cris de joie et applaudissent ! Un grand sourire se dessine sur mon visage, je ne sais comment les remercier ! Ils vont même jusqu’à nettoyer l’intérieur du cadre et les quelques bavures avec une fine ponceuse. Du vrai travail de pro !

Un petit détour au Chiatawat bikeshop et me voilà avec un vélo en parfait état de marche, avec une belle tige de selle que je peux régler ! Elle est pas belle la vie !

A part ça, je voulais essayer de faire un p’tit bilan aprés 3 mois de voyage mais ça sera pour plus tard, quand je me poserai entre 2 voyages :-) Mine de rien, il se passe tous les jours des choses, même quand je me pose à un endroit pour quelques jours. Il m’arrive souvent d’avoir du mal à tout assimiler d’un coup, de mettre du temps à comprendre et à avoir une opinion plus mûrie. Dans ces conditions, difficile de faire un bilan, la tête dans le guidon ;-)

Pour les prochains jours et mois à venir, je me suis concocté un bon menu de réveillon. En entrée, retour vers la frontière thaï par les montagnes du nord et le triangle d’or (même si je ne peux pas faire le tour prévu à cause d’un visa beaucoup trop court de 15 jours …) et traversée du nord ouest du Laos jusqu’à la frontière chinoise. En plat de résistance, un beau morceau de Chine, avec probablement du Yunnan, du Sichuan et de la campagne jusqu’à Pékin, sa muraille et sa cité interdite. Et en dessert, un peu de Mongolie saupoudrée de pays en “Stan”. Pour le digestif, on verra plus tard ;-)

Le passage vers le Tibet semble de plus en plus compromis même si c’est la route que je privilégierai dans la mesure du possible. Mon principal problème est le visa que j’ai pu obtenir à Chiang Mai et qui n’est que d’un mois (alors qu’avant les JO on pouvait obtenir 3 mois). Bien sûr, il peut être étendu deux fois d’un mois (ce qui fait 3 mois comme l’auront vite compris les forts en math) mais pas au Tibet quand on voyage en solo et donc en toute illégalité … Je risque donc de me retrouver coincé à Lhassa, sans visa et sans permis, ce qui est plutôt craignos … Dans tous les cas, ce n’est que partie remise, j’y passerai un jour, c’est une certitude ;-)

Que de belles terres à parcourir encore et encore !