Jour 11 / 22 mars 2009 / Shuangjiang
Repos ou pas repos, telle est la question ? Je suis réveillé par la désormais célèbre musique qui entraine ces adultes de bon matin à faire quelques pas de danse. Cela me rend tout zen et de bonne humeur, je vais finalement rester un jour de plus ici, au milieu des montagnes à regarder le spectacle quotidien de cette place.
Comme d’habitude, je commence la matinée par une visite de la ville, qui m’exaspère un peu plus quand je vois le comportement des chinois à mon égard. Pas un seul bonjour, par contre ils me regardent comme un animal de foire, n’hésitant pas à appeler leurs copains/copines à l’intérieur pour venir voir le spectacle. Pour leur faire comprendre que parfois c’est lourd d’être constamment épié, je fais pareil. Je m’arrête et les fixe du regard, en restant neutre. Ils comprennent vite et retournent à leurs occupations. Encore, si leur curiosité était accompagnée d’un salut amical ou d’un sourire, ça ne me poserai aucun problème, mais là, ils restent de marbre, c’est vraiment bizarre.
Je ressors un peu plus tard pour aller sur Internet. Au premier passage dans le cybercafé, je dis “Internet” avec le sourire, la fille qui tire une tronche de six pieds de long me fait signe que non de la tête … Ah ouais, et ils font quoi les gens ici alors ? Brrr ! Ca m’énerve ! Je marche un peu puis fait demi tour. Faut pas déconner, on va arrêter de me prendre pour un con. Je retourne au cybercafé, prêt à m’énerver s’il le faut mais j’accèderai à Internet. Par chance, ce n’est pas la même fille, même si elle est tout aussi agréable et souriante que la première, mais au moins je peux utiliser l’ordi.
A midi, je mange un bout dans un petit resto, toujours en allant montrer les ingrédients en cuisine. Aujourd’hui, carottes sautées et choux bouillis, avec du riz. Ca me va plutôt bien. J’hallucine de jour en jour de voir les gros problèmes de communication des chinois vis à vis des étrangers. Peur, timidité, parano, mépris, indifférence, sadisme de nous voir perdu dans cette nouvelle culture ? Je me demande bien ce qui les rend comme ça mais on ne peut pas dire qu’ils soient particulièrement agréables. Dès la moindre incompréhension, tout se bloque chez eux et ils disent non systématiquement … Et quand je pose une question, j’ai l’impression d’être un prof au collège, tout le monde se cache …
Je termine la soirée par un nettoyage du vélo avec les moyens du bord (quand j’ai demandé un jet d’eau pour nettoyer on m’a renvoyé un non bien ferme et sans équivoque), un p’tit tour de la ville à vélo pour manger quelques bouchées (pate à pain peu cuite, ou pâte de riz, renfermant une farce succulente), prendre une bière locale (de Lancang, aussi transparente que l’eau, bière chinoise oblige) puis glandouiller, impatient d’en découdre avec la montagne demain matin, jusqu’à Lincang.
Jour 12 / 23 mars 2009 / Shuangjiang – Lincang
Je décolle vers 8h30, sur un magnifique goudron ! Que c’est bon ! P’tite montée de mise en jambe, ça redescend un peu et me voilà 20km plus loin à Mengku, début du gros col de la journée. Effectivement, je grimpe pendant 27km mais à de faibles pourcentages et sur une route vraiment top, un vrai bonheur ! La majorité de la montée se passe dans une forêt de pin, puis, une fois passé le col, je me retrouve au beau milieu de plantations de thé ou de tabac, je ne sais pas trop. Ca descend sur une petite dizaine de km pour remonter de plus belle et redescendre jusqu’à la jonction avec la route venant de Simao (route que j’aurai pu emprunter en partant de Jinghong). Ouf, le plus dur est fait, 62 km au compteur. je m’arrête manger dans un resto, comme d’hab, p’tit tour dans la cuisine, bons petits plats, je me régale et je repars. Ca remonte un peu avec le vent dans la figure mais pas plus de 10 km, aprés, c’est que du bonheur ! Une descente jusqu’à Lincang ! Voilà une étape comme je les aime, affronter la difficulté le matin et finir en roue libre par une belle descente.

Sentier dans une forêt de pins

Plantations de tabac (ou de thé, je ne sais pas ...)
Lincang est une ville comme les autres, plutôt grande mais sans aucune particularité. De ce côté là, le Yunnan m’aura pas mal déçu. Hormis ses paysages typiques, le reste n’est pas vraiment intéressant et il n’y a absolument rien à visiter lors des jours de repos … Vivement que j’arrive à Dali pour voir de beaux monastères tibétains !
J’aimerai camper un peu plus car l’accueil dans les hotels est exécrable mais c’est vraiment difficile sur cette route où chaque bout de terrain est cultivé … Je vais quand même tenter le coup les prochains jours, avant d’arriver à Dali.
Jour 13 / 24 mars 2009 / Lincang – Yunxian
Au p’tit déj je finis les restes de riz d’hier soir. Je m’en suis encore mis plein la lampe entre les différentes bouchées et les plats avec le riz, j’ai roulé jusqu’au lit. Encore une fois, je n’ai pas bien dormi, les lits sont trop durs, j’ai l’impression d’être sous la tente sans mon matelas … Résultat : j’ai mal au dos et je suis bougon. Pas pour longtemps, la route descend pendant … 45 km ! Mais comment est ce possible, j’étais à peine à 1500m et Dali se trouve à 2000m ? Peu importe, ça descend tout doucement, idéal pour une étape où l’on est pas motivé. Ensuite, cela remonte sur 20 km, avec d’aussi faibles pourcentages que la descente, donc ça roule plutôt bien. Puis je finis par 20 nouveaux kms de belle descente rapide (50-60 km/h) qui me mène à Yun Xian à midi. Ca ira très pour aujourd’hui !
Je fais un tour dans la ville à la recherche d’un hotel dans un endroit sympa mais ça n’existe pas dans une ville chinoise. Alors je tente ma chance dans un qui a l’air assez à l’écart de la circulation.
- ni hao !
- pas de réponse
- room ?
- gloussement
- mime de dodo
- oui, c’est 60Y
- ok, can I see ?
- gloussement
- mime de celui qui veut voir
- gloussement
- ok bye bye
et je me casse de cet endroit où on aime bien se foutre de moi de toute évidence. Après tout, s’ils ne veulent pas faire d’efforts pour comprendre leurs clients étrangers qu’ils aillent se faire voir, pour rester poli.
J’avance un peu et voit un resto où je pourrais manger un bout.
- ni hao
- pas de réponse
- mime de celui qui veut manger
- oui, 28 Yuans (normalement, je paie entre 10 et 15)
- ok, bye bye
Prochain boui boui, je m’approche, elle tire une gueule de six pieds de long, je me casse. Maintenant, je préfère manger de l’herbe et dormir sous la tente que d’être client de sales gueules comme ça !
A force, d’errer dans la ville, je découvre un hotel à l’abri du bruit (mon premier critère de choix), géré par une fille charmante et qui semble bien plus futée que ces consoeurs adeptes de la bébète-attitude. En plus c’est pas cher, c’est propre, et chose extraordinaire en Chine, tout fonctionne ! Marché conclu !
Je file ensuite sur le net, puis me balader en ville à la recherche d’une superette pour acheter quelques biscuits pour demain. J’en profite pour prendre des bouchées, le repas du soir et aussi une demi pastèque énoooooorme que je finirai demain matin.
Aujourd’hui j’ai récupéré le récit de Fred Ferchaux sur la route Chengdu – Lanzhou. Je file le lire de ce pas, se sera sans doute la seconde partie de mon périple en Chine, avant de rallier Pékin par le train.
Jour 14 / 25 mars 2009 / Yunxian – quelques part dans les montagnes
Debout à 4h40, impossible de me rendormir, bizarre … Alors je déjeune, je trainouille à regarder le curling à la télé (faut vraiment ne pas pouvoir dormir
), et je pars tôt, vers 7h45, une fois le jour bien levé.
Toujours autant de badaux dans les rues, alors je fais pareil, au moins ça les fait rire. Aujourd’hui je m’attends à rattraper l’altitude que j’ai perdu hier, il faudra bien que j’arrive à 2000m à Dali. Effectivement, je commence par une interminable montée sur 38 km (avec quelques courtes descentes, je l’avoue), sans trop l’envie de rouler, et avec une accumulation de fatigue physique trop importante. J’ai vite mal aux jambes et au cul, je multiplie les arrêts comme cela ne m’était jamais arrivé. Mais je grimpe, c’est le principal.

Toujours la route 214 ... en meilleur état
Comme toujours, les belles vues de plus en plus plongeantes, dans la vallée, me motivent et agaillent ma matinée. J’ai dû passer quelques tunnels, sur un trottoir en hauteur, frontale vissée sur la tête. Cela m’oblige à pousser le vélo mais quand je vois à quelle vitesse ils passent là dessous, je préfère …

Un bon tunnel de 3 km
Au bout de cette longue montée, alors que ma super carte Nelles m’anonçait le début d’un col pas très loin (ce qui me faisait un peu peur vu ce que je venais de monter, mais pas impossible), je traverse un nouveau tunnel et voit un panneau “23 km de descente” ! Waouh ! Je vais encore me régaler ! Mais il faudra de toute façon remonter tout ça juste après.

Vue dans la vallée

La belle montée
La descente est magnifique, avec des vues sublimes dans plusieurs vallées profondément encaissées, où l’on voit à perte de vue, les montagnes sculptées jusqu’à une altitude assez impressionnante. Tout ce spectacle est bien sûr dominé par quelques bons pics imposants, dont un culminant à 3300m ! (Plus haut que le Vignemale !). Rien que pour ça, ça valait le coup d’en chier ce matin.
Au bout de la descente, j’ai faim et je n’ai croisé aucun resto boui boui … Juste avant le tunnel précédant le pont, marque de la fin de la descente, se trouve un stand de bananes où j’ai l’impression qu’ils servent des soupes de pâtes. Je m’arrête alors qu’une des dames me hélait déjà de la route pour que je lui achète un coca. Niet !

Vue sur le Mékong

Descente jusqu'au pont
Je montre le bol et je suis plutôt surpris par la préparation qu’entame la cuisinière. Un peu de gelé transparente, un peu de gelé beige, une petite dizaine d’épices, de sauces, etc … et voilà ! Arf, qu’est ce que je vais manger encore … Pas le choix, c’est commandé, faut y aller. Ca va, ça passe, c’est assez frais mais je n’ai aucune idée de ce que c’est
Avant de partir, je prends quand même quelques bananes à la première dame, ça peut toujours servir.
Je passe le tunnel, puis le pont, et attaque un nouveau col, celui annoncé sur la carte Nelles. Il fait bien chaud cet aprém, et j’ai vraiment plus de jus … Je lutte un peu pour avoir un peu moins à faire demain mais au bout de 12 km de montée, je passe devant un hotel de bord de route (ceux pas cher mais suffisamment confortables) et je m’arrête là pour aujourd’hui.

Costauds les paysans (et paysannes) chinois !
J’ai l’impression qu’il est tenu par des femmes chinoises musulmanes, car elles portent toutes un voile sur la tête, et le logo ressemble à une mosquée avec une écriture arabe. En tout cas, l’accueil est très sympa, pour une fois ! Je m’installe, une douche chaude (il suffit d’aller dans des petits hotels pour trouver l’eau chaude vu que dans les gros ça marche 1 fois sur 10 …), un bon petit repas (riz, patates frites, aillets, tomates, oignons), un bon thé chaud et je commence à somnoler. Je rentre à ma chambre en marchant en crabe et me vautre sur le lit pour 2 bonnes heures de sieste ! Ca fait un bien fou ! Comme plusieurs fois depuis quelques jours, j’ai mal aux jambes quand je dors, surement trop de fatigue accumulée, je vais souffler une semaine à Dali. De toute façon, j’aurais de quoi visiter entre Dali, Lijiang et Zongdhian.
Je crois que pour le reste de la soirée, je ne vais pas faire long feu et retourner dans les bras de morphée.
Jour 15 / 26 mars 2009 / Dans les montagnes – Midu
Réveil tranquille à 6h, j’ai juste à faire mes sacoches et à espérer pouvoir manger un peu ici avant de partir. En sortant, je découvre un chinois dans un lit sur la terasse, entrain de dormir. Il a dû se geler toute la nuit ! Une des dames est debout, elle me prépare une bien bonne soupe de pâtes et un thé brulant. Idéal pour se rechauffer avant de partir, ça caille ce matin !
Début de route tranquille, c’est relativement plat. Je m’arrête assez vite acheter de l’eau, on n’est jamais trop prudent. Dans la minuscule échoppe où je me suis arrêté, je vois 2 dames acheter des galettes de pain cuites dans les braises. Elles sont toutes chaudes (les galettes bien sûr !) alors je me laisse tenter. C’est bien bon, avec un zeste de confiture de figues maison ça aurait été top !
Je dois être dans la vallée de la bonne humeur, ici les gens sont agréables ! Ils répondent à mes “ni hao !”, ils sourient, m’encouragent, ça me donne la pêche. Comme quoi, c’est pas si dur d’être poli ! Bon, les routiers sont toujours aussi … bruyants, mais peu à peu, j’arrive à les ignorer.
Il y a quelques chose de vraiment surprenant chez les chinois qui klaxonnent. Hormis les routiers qui font mumuse ou les bourrins en 4×4 qui ont peur d’être pertubé dans leur trajectoire idéale, les autres le font tout en restant aussi immobiles dans leur véhicule qu’un moine en pleine méditation. Pas un regard, pas un signe de la tête ou de la main, juste un coup de klaxon, avec en bonus, une gueule de six pieds de long. On croyait presque que ça vient d’ailleurs…
Une fois les 15km de montée avalés, je traverse un tunnel de 2.6km en pédalant, avec le coupe vent fluo et la frontale derrière, pas de souci. S’en suis une descente de 26 km, puis une longue route en fond de vallée, plutôt descendante, qui me mène jusqu’à Nanjian, puis Midu. A 30 km de l’arrivée, le vent s’est levé, un peu tout fou, il soufflait dans toutes les directions. Ca m’a un peu ralenti mais ce n’était pas bien méchant.
Ce soir, aprés quelques heures sur internet à papoter, je me suis arrêté manger des raviolis fraichement préparé juste avant que j’arrive. Un délice ! Pendant qu’ils cuisaient, j’ai pu admirer le cuisto entrain de faire des spaghettis frais à la main. Il a le coup de main !
Jour 16 / 27 mars 2009 / Midu – Old Dali
“Love, love midu” disaient les Beatles. Je n’en dirais pas autant, alors je file vers Dali. Hier, deux interrogations subsistaient : avec tout ce que j’ai descendu, à quelle altitude suis-je ? vais-je devoir grimper pendant 50km pour arriver à Dali qui culmine à 2000m ? Puis, quelle est la véritable Dali, Xinguang alias Dali Shi qui est énorme, ou bien Dali, toute petite une grosse dizaine de km plus loin ?
Pour la première question, je trouve finalement sur internet que je suis à 18OOm. J’ai du mal à le croire, je suis impatient de voir le profil de la route 214 pour avoir une idée de l’altitude à laquelle je suis monté. Pour la seconde, Xinguang est New Dali (à ne pas confondre avec New Delhi :p), une ville encore plus grande que Jinghong, ressemblante à toutes les villes chinoises, puis Dali que l’on voit un peu plus loin sur la carte n’est autre que la vieille ville de Dali, beaucoup plus petite mais plus typique.
Hormis les camions et bus qui s’était passé le mot pour klaxonner comme des abrutis aujourd’hui, l’étape fut agréable. 15 km dans la vallé de Midu, très construite, pour arriver au début du col qui va me mener dans la vallée supérieure, celle de Dali. Ca ne monte pas méchamment, et en plus la route est à flan de montagne, je peux voir de plus en plus loin dans la vallée ! Arrivé vers 2400m, j’aperçois une route qui monte au moins 400m de plus … Heureusement, ce n’est pas par là que je vais ! Je traverse un village où j’ai failli me faire bouffer un mollet par un sale chien bien sournois. Alors qu’il me voit de loin, il reste sur le bord de la route, imitant à la perfection le chien blasé et tout gentil. Puis, quand j’arrive à 2 mètres de lui, il sort les crocs et me poursuit dangeureusement prés … Je gueule comme un fou pour le faire abandonner ! Je m’arrête quelques mètres plus loin pour ramasser un caillou et lui balancer sur la gueule, c’est pour tous les chiens qui m’ont poursuivi ! Aprés 26 km de montée, je passe dans la vallée de Dali et entame la descente. Alors que dans l’autre vallée j’ai vu pas mal de forêts de pins, ici c’est plutôt des champs de blé tantot verts tantot dorés, pas désagréable à l’oeil

Col menant à la vallée de Dali
Alors que j’ai déjà parcouru 45 km, je débarque sur une large route (2×3 voies), bordées d’énormes industries et qui me semble interminable tant le concert de klaxons et les gros nuages noirs sortant des pots d’échappement m’agressent. Les chinois auraient des routes de 2×10 voies, je pense qu’ils trouveraient quand même le moyen de klaxonner … Enfin, 60 km au compteur, j’arrive à New Dali. Je visite un peu, cela ne me donne pas envie de dormir là. Alors je mange quelques bouchées et une soupe de nouille, super bon comme d’hab, et je file vers le PSB (La police de l’immigration chinoise) pour essayer d’étendre mon visa. J’apprends qu’il faut que je me pointe 3 jours avant l’expiration du visa pour l’étendre, pas moyen de le faire en avance … Mais ce n’est pas forcément pareil dans les autres villes, il se peut qu’à Lijiang, 200 km plus loin, je puisse l’étendre. Quelle bande de boulets …
Tant pis, je continue mon chemin vers Old Dali, alors que les gouttes commencent à tomber. Je fais la course avec un gros nuage noir … et je gagne, juste à temps. Old Dali est le Luang Prabang chinois, une vieille ville certes très jolie au petit matin, mais faite pour les touristes, avec pleins de boutique pour occidentaux, tout écrit en anglais et où tout y est bien plus cher qu’ailleurs. C’est pas un coin pour moi … Je me pose dans une guesthouse où ils ont des outils pour réparer mon vélo (Cycling Dali ça s’appelle !). Ce soir je souffle et dès demain je remet en état le vélo (quelques ennuis depuis la route pavée), je fais quelques provisions et aprés demain, je file vers Lijiang (qui risque de me faire le même effet que Dali, mais bon, c’est ça le tourisme de masse). Ce soir, je me fais un pote. Le chien du proprio, adorable, qui m’accompagne dans mon rapide tour de la ville, vu qu’il pleut des cordes ! Obligé de lui filer un bout de mon cher cookie, je suis tellement content de rencontrer un chien sympa

Rue de Dali

Une des portes de la vieille ville

Façade typique des maisons